Un petit Tours
En route pour Vierzon, ce milieu de semaine, une voiture de location faisait deux cent kilomètres pour rien. Une sortie a été ratée à Orléans, et la direction de Tours prise. Un très grand classique. Sur le point d’arriver à cette ville de Tours, soit déjà quatre-vingt kilomètres après le coche loupé à Orléans, l’erreur fut dévoilée, le chauffeur fut accusé d’être responsable de la disparition des abeilles, et la prise de conscience fut violente : il fallait faire demi-tour. En effet, une unique nationale relie Tours à Vierzon, mais elle est très très touristique, et très très limitée à 50 klm. Il est donc probablement plus rapide de retourner à Orléans pour ensuite aller à Vierzon, en d’autres termes de rester sur l’autoroute. Ce constat fut tiré suite à la consultation sérieuse et concentrée d’une carte routière emmenée par miracle avec quelques bagages légers.
Donc demi-Tours.
Ronchonnement. Et sandwich à trois milliards acheté sur une aire qui n’aurait jamais dû être foulée.
Cette erreur, hautement non écologique, est à imputer à d’inciviques voleurs de roues. Ces derniers, dans la nuit, avaient dépouillé le conducteur de ses quatre roues, pour de brillantes jantes alu, ce qui entraîna un matinal recours à une société de location automobile. Jusque là, cela n’explique pas le détour inutile. L’information manquante est que la voiture louée, la seule disponible, eut l’inconcevable défaut de ne pas proposer le GPS intégré.
On commence à comprendre ce qui est arrivé.
Ralalala, la technologie est piégée. Il suffit d’en avoir pris l’habitude, puis d’en être dépouillé, pour se retrouver tout nu, ridicule, parfaitement désorienté et accessoirement en retard.
Les passagers, qui avaient évidemment commencé à conspuer la dangerosité du GPS, vile machine, dès le demi-tour, persistaient à lister les conséquences malsaines de l’usage banalisé de tels gadgets quand, enfin arrivés à Vierzon, soit quasiment 250 klm plus tard, ils apprennent qu’une nouvelle autoroute relie Tours à Vierzon.
Cris de désespoir, abattement, rire, et volupté. C’est par habitude du GPS qu’on se paume, et c’est grâce au GPS qu’on ne se paume plus.
Conclusion : il est très probable que la technologie s’impose définitivement, mais il nous faudra aussi faire l’EFFORT de s’y adapter…
Non mais.




