L’intelligence
Double otite.
Cela explique le suspens de ces carnets.
Mais permet la trouvaille de quelques pépites.
Et d’un ou deux secrets.
Double otite.
Cela explique le suspens de ces carnets.
Mais permet la trouvaille de quelques pépites.
Et d’un ou deux secrets.
L’élégance est une notion aussi mouvante qu’incorruptible. Elle a pris naissance il y a très longtemps, probablement avant même l’apparition de la vie. Bien sûr, pour le croire, il faut être adepte de l’autonomie des concepts, de leur aventure sans l’assentiment, au-delà de la conscience humaine, frontière aussi virtuelle que prétentieuse et touchante.
Si c’est le cas, si cette frontière n’existe pas, l’élégance fait indubitablement partie de ce qui a toujours été.
La danse d’une étoile, l’aurore cosmique, le lent mouvement d’un astéroïde filant pourtant à une vitesse stellaire.
Avec l’apparition de la vie sur Terre, l’élégance s’est infiltrée partout, dans la fragrance d’un fruit mûrissant, au cœur d’une nuance de bleu aquatique, dans les vibrations d’une harmonique.
Avec la survenue de l’espèce humaine, on retrouve l’élégance dans la matière, dans les plis d’une étoffe, dans les reflets d’une soie fine, au détour d’un problème de Hilbert ou du plaisir de la chair.
On la retrouve aussi dans la finesse quasi transparente d’une sensibilité. Et parce qu’elle est pratiquement impossible à décrire, apprivoiser, elle se laisse voir et écouter ; évanescente, la sensibilité se glisse entre deux eaux…
Phénomène.
Le Québec, terre d’accueil, et de détente mentale nous régale en ce moment avec leurs Têtes à claque, personnages délicieux pour qui prend le temps de comprendre ce qu’ils disent : ce qu’il faut c’est tendre l’oreille et faire preuve de beaucoup de bonne volonté (mais franchement cela vaut largement l’effort, et cela n’élargit pas l’oreille, seulement l’esprit).
Copiez-collez :
http://www.tetesaclaques.tv/video.php?vid=241
Un peu de lexique pour ceux qui ont peiné (et peinent probablement encore) :
« J’en r’viens pô ‘stie » : J’en reviens pas (le ‘stie, pour « ostie », est proprement intraduisible en français, « ostie » revêt en québécois une connotation de grossièreté (un juron quoi) qui se dit potentiellement à peu près à tous les endroits d’une phrase, cela traduit la quasi totalité des émotions existantes (agacement, surprise, enthousiasme, colère, lassitude, peur, impatience, joie…) ; pour information il n’est pas rare qu’ostie soit présent plusieurs fois dans la même phrase, et cela n’est pourtant pas redondant) (ha oui, dernière chose, un vague « sssst » à la fin d’une phrase est également un ‘stie, et il est formidablement courant) (en fait, s’tie est une véritable ponctuation).
« Je venais de finir une p’tite cinquante » : je venais de finir une bière (a priori)
« ma r’tourne »: je me retourne (les québécois font sans complexe l’économie du je, et les français devraient en prendre de la graine)
« un gros chris’ d’orignal sssst » : un putain d’gros orignal (ou quelque chose comme ça) (le chris’ revêt également une connotation grossière en québécois, comme pour ostie, et vient du mot Christ)
« Il était monté drete dans le back ( ou le bout ?) de mon pick up sssst » : il était monté tout droit dans le coffre de mon pick up (drete signifie droit)
« C’est ben fucké ton affaire là » : c’est complètement dingue ton histoire
« Il était en train de dropper une grosse bouse » : boaf, il n’est pas super nécessaire de traduire ça…
« j’pense que j’lai pogné juste dans le panache là » : peut-être que la traduction n’est pas indispensable ici non plus…
« J’lui ai coupé son envie d’chier assez raide » : idem
« … un orignal se serrer les fesses et jumper comme un kangourou d’tout partout » : déjà l’image est saisissante, mais en québécois cela fait enrager d’avoir raté la scène
« t’es en train de me dire que t’avais un gros orignal à six pieds d’ta face » : tu es en train de me dire que tu avais un gros orignal juste devant toi (les québécois calculent en pied, et six pieds c’est vraiment peu, surtout pour un chasseur) (un commentaire à cet article, en bas, précise que le Québec a adopté le mètre dans ses mesures, c’est vrai, mais il est également vrai qu’on y apprend encore la taille de quelqu’un en pieds et pouces ; bref, il vaut mieux être capable de savoir évaluer les distances)
« J’suis sûr qu’tu trouverais le moyen d’en manquer un avec une patte coulée dans le béton et une cible de taquée (accrochée) dans le front sssst »
« ça a juste pas de bon sen(s) ton affaire là » : Mais enfin ! c’est insensé ton histoire ! (ou mieux : c’est du délire ton truc)
« Tu m’niaises » : tu me baratines (très usité, très parlant, et vraiment très québécois) (cela peut également signifier « tu me testes », et sous la forme interrogative cela donne « tu m’niaises tu là ? »)
« Dis peanuts sans rire » : Dis cacahuète sans rire (et il est vrai que cela est difficile)
« j’ai pas ri pas en tout’ » : je n’ai pas ri du tout.
Pour les courageux (épuisés mais volontaires) qui en veulent encore, voici pour le plaisir les orignaux, ces chères petites bêtes, québécoises s’il en est….
Copiez-collez :
http://www.tetesaclaques.tv/video.php?vid=32
De nouveau un peu de lexique pour les amateurs :
Pick up : pick up (mot transportant toute l’histoire des anglicismes)
« Il pogne son gun » : il attrape son fusil (et le tient bien)
« Ben voyons don(c), ça n’a pas de bon sen(s) ton affaire là » : Mais enfin ! c’est insensé ton histoire !
« Avoue que c’est ton genre de faire ces niaiseries là là » : Avoue que c’est ton genre de faire ces gamineries là (le double la sert à donner le ton en québécois)
« Ben je l’sais-tu moé ? » : je n’en sais rien (à dire sur un ton d’évidence affirmative, toujours, cela signifie à l’autre de faire un effort d’objectivité) (le verbe suivi du tu est une spécialité québécoise, exemple typique : « tu-veux-tu quequechose ? », à prononcer quequechaose)
« T’as pas d’allure… » : tu n’es dé-ci-dé-ment pas raisonnable (ou logique)… (très très courant)
Ta dam
Si vous voulez en voir plus, le site internet (dans l’idée, approximativment, ce site est le 5000ème à être visualisé sur les 100 000 000 de sites internet du monde entier tout de même…) : http://www.tetesaclaques.tv/
A voir, et revoir.
Dj Töfel vient de Sarreguemines, Moselle, et nous apprend gentiment quelques rudiments de platt, patois de la Moselle Est, qui vient directement du francique, parlé des deux côtés de la frontière franco-allemande.
La France, pays de culture, voit ses citoyens mosellans s’échanger les nouvelles du jour dans ce langage auquel il faudra penser pour des codes de guerre si nous en venons à nous quereller avec quelques extraterrestres médusés (ressemblant un peu au niveau de la tête à une méduse).
A recommander.