Carnets de vie de Saul Claës

20 avril 2008

L’intelligence

Classé dans : Musique, Vidéos — saulclaes @ 7:08
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Double otite.

Cela explique le suspens de ces carnets.

Mais permet la trouvaille de quelques pépites.

Et d’un ou deux secrets.


 

21 janvier 2008

La voie du tambour

D’après les guichetiers de l’évènementiel de cette ruineuse capitale française, qui persiste à aimer les dorures des théâtres et ce moment vibrant où la lumière s’éteint, tout Paris se précipite cette semaine à un spectacle, LE spectacle : Yamato.

Ha.

Très bien, alors faisons la queue, d’accord monsieur.

L’entrée pour le spectacle Yamato, photo de Saulclaës

En duo avec une délicate amie, spirituelle et précieuse directrice de crèche, nous n’avions à peu de choses près aucune idée, en arrivant, de ce qui nous attendait. Il est vrai que nous ne nous étions pas précisément cassées pour savoir de quoi il en retournait. Pressentant que ça devait être du lourd, et un peu douillettes concernant nos lombaires, nous avions soigneusement évité tout effort et retenu, grosso modo, les mots « tambours » et « japonais ». Donc nous savions de loin que le mot Yamato n’était pas aztèque. Néanmoins, nous réalisâmes vite que ces deux mots, s’ils résument tout de même bien la configuration de la représentation, restent très loin d’en révéler la surprenante portée et ses multiples, pénétrantes, dimensions.

Le silence se fit dans la salle. Si nous étions peu disposées à faire des efforts de mémoire, nous étions tout à fait, absolument, sans problème, ouvertes à tout ce que ces donc japonais joueurs de tambour nous offriraient. Et bien nous en prit ; dès les premières frappes, le voyage nous emmena haut, au-delà des mots, hors du temps. Et vu comme cela fut simple, et même rapide d’atteindre ces invisibles hauteurs, c’eut été un crime, sans grandeur ni passion, de s’en priver.

D’un élan aisé, humble, singulier, constant, incroyablement énergique, la troupe de musiciens enchaîne tableaux sur paysages sonores. Ils désenveloppent progressivement leur talent, déploient leur joie, libèrent de subtiles présences, débarrassent leurs espaces et lient leurs caractères. Bientôt, il ne reste que d’individuelles sérénités capables de se fréquenter et de se parler abondamment dans les silences. De temps en temps, dans la salle, l’esprit d’un spectateur s’éclaire, une réflexion, longtemps retournée, problématique, trouve une solution, une idée jaillit, claire. Puis de nouveau aspirées dans le spectacle, les attentions reviennent. Maintenant, une vibration d’évidence et de simplicité passe dans le public avant de se perdre dans les velours et les rouges de la salle drapée.

 

En sortant, en arrêt devant l’immense affiche du spectacle, mon esprit est retenu par un mot inconnu que je n’avais pas remarqué en entrant : Taïko.

Sachant désormais que le mot n’est pas d’origine vaguement Inca, et la pensée armée d’un exceptionnel esprit de déduction, j’en arrive à la rapide conclusion : ça doit être un tambour japonais.

Et j’avais raison.

Mais là où, encore une fois, décidément, je ne me doutais de rien, c’est à quel point ce terme est porteur de sens. Et à quel point il éclaire le mystère de douceur et de profondeur de ce spectacle percussif d’un autre monde. Le Taïko n’est pas qu’un tambour, il n’est même pas qu’un art, c’est une voie. À l’instar de la voie du sabre, de la voie du thé, du subtil apprentissage de la calligraphie ou de l’étude exigeante d’un art martial, le Taïko enseigne le dépouillement, le goût de la raffinée simplicité. Il rassemble, transmet le respect, le positionnement, le sens de l’effort, il transporte dans les zones flottantes de l’esprit, il transcende.

Loin du souci tout occidental de la productivité, de la rationalité, de la réglementation, du principe de complication valorisante enfin, ce spectacle ouvre des portes insoupçonnées.

C’est peut-être le moment de (re)penser à Star Academy.

Allez savoir.

21 décembre 2007

L’élégance

L’élégance est une notion aussi mouvante qu’incorruptible. Elle a pris naissance il y a très longtemps, probablement avant même l’apparition de la vie. Bien sûr, pour le croire, il faut être adepte de l’autonomie des concepts, de leur aventure sans l’assentiment, au-delà de la conscience humaine, frontière aussi virtuelle que prétentieuse et touchante.

Si c’est le cas, si cette frontière n’existe pas, l’élégance fait indubitablement partie de ce qui a toujours été.

La danse d’une étoile, l’aurore cosmique, le lent mouvement d’un astéroïde filant pourtant à une vitesse stellaire.

Avec l’apparition de la vie sur Terre, l’élégance s’est infiltrée partout, dans la fragrance d’un fruit mûrissant, au cœur d’une nuance de bleu aquatique, dans les vibrations d’une harmonique.

Avec la survenue de l’espèce humaine, on retrouve l’élégance dans la matière, dans les plis d’une étoffe, dans les reflets d’une soie fine, au détour d’un problème de Hilbert ou du plaisir de la chair.

On la retrouve aussi dans la finesse quasi transparente d’une sensibilité. Et parce qu’elle est pratiquement impossible à décrire, apprivoiser, elle se laisse voir et écouter ; évanescente, la sensibilité se glisse entre deux eaux…

22 octobre 2007

Leçon de Patois (Moselle)

 Dj Töfel vient de Sarreguemines, Moselle, et nous apprend gentiment quelques rudiments de platt, patois de la Moselle Est, qui vient directement du francique, parlé des deux côtés de la frontière franco-allemande.

La France, pays de culture, voit ses citoyens mosellans s’échanger les nouvelles du jour dans ce langage auquel il faudra penser pour des codes de guerre si nous en venons à nous quereller avec quelques extraterrestres médusés (ressemblant un peu au niveau de la tête à une méduse).

A recommander.

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