La fin du mois de mai a fêté, dans le quartier parisien et béni de Saint-Germain des Près, l’Art de rue.
Et évidemment, vu de la rue, on ne se doutait de rien…

La grande fête de l'art de rue, vue de la rue. Place Saint Sulpice. Photo E.S.Claës.
A la seconde où cette photo est prise, le soleil est haut dans le ciel et l’air résonne de mystérieuses notes hip-hop. Vous approchez ; peu habitué à entendre du hip hop dans le quartier, vous ne pouvez qu’approcher. En passant la tête derrière les tôles, surprise, il y a tout pleins de gens, des artistes peintres improvisés et des dizaines de bombes éparpillées sur le sol.

Petits fours et bombes Molotow. Demandez le programme. Photo E.S.Claës.
Voilà qui n’est pas commun.
Cette découverte fut on ne peut plus réjouissante.
Un vrai gamin dans une boulangerie.

Artiste de rue observé, public observateur observé. Woua. Photo E.S.Claës.
Des œuvres de rue, de tous les genres ou presque, se réunissaient là. Dans un éblouissant enchaînement des genres. Après avoir traqué l’art de rue pendant des semaines, mis les photos en ligne, exhibées comme autant de trophées, les auteurs de cet art de rue, ces artistes du bitume, se tenaient là, en chair et en os, avec des tatouages et des casquettes souvent.

Quelques intervenants. Photos E.S.Claës.
Ils sirotaient une boisson fraîche, discutaient avec les fans, les potes, les collègues. Venus par dizaines, tous plus connus les uns que les autres par les amateurs du genre, ils faisaient en toute décontraction la promotion de leur démarche artistique.

Humeur ? Photo E.S.Claës.
La chose avait de quoi perturber les habitudes.
Des dizaines de badauds et autres curieux passaient devant leurs expositions éphémères, expositions de cet art éphémère s’il en est.
Oh temps suspends ton vol !
Et ressers une bière.
Au moins pour la rime.

Ouaiis, je galère avec les dernières bombes que j'ai achetées... Photo E.S.Claës.
Les peintres en bâtiment ne levaient pas les yeux de leur travail.
Les avant-après réjouissaient les passants.

Comment pousse une ville. Photo E.S.Claës.
Les moindres détails étaient ici rafraîchissants. Le grimage des arbres et celui des simples poteaux, jusqu’au travail de l’artiste sous la surveillance active et nécessaire du plot de protection. On adôôôre le plot.

Quand les détails mangent les arbres et caressent les poteaux. Photos E.S.Claës.
On adôôôre, on adhère ?

Dentelle et vieille radio. Photo E.S.Claës.
Et pendant ce temps, la musique se fait douce, dansante, pulsée.
Hip hop, electro, drum’n bass et autres gros mots.
C’est vrai, franchement, que faire sans la musique ? Surtout en plein processus de création ? Peindre sans musique ?
Les groupes musicaux et leurs machines se succèdent sur la scène. En arrière-plan la Fontaine de la place Saint-Sulpice, dessinée par l’architecte Visconti, entourée de ses evêques, écoute. Elle date de 1844 cette Fontaine dite des “quatre points cardinaux”, elle en a vu d’autres.
Et puis Bossuet et Fénelon qui l’ornent ne se sont jamais rendus malade à cause des sursauts de culture populaire.
C’est d’autant plus vrai quand on sait combien cette manifestation est bancale. Attendez… Où est ce papier, le programme ? Attendez, je vais le chercher…
Le voilà. Donc, sous le nom des participants, nombreux, après les horaires des conférences, des performances, une fois avoir lu le nom des partenaires parce qu’on est bien curieux de savoir qui s’associe à ce genre de festivités, on découvre un rien déçu un Avertissement :
“toutes dégradations et détériorations des biens par inscriptions, graffitis, tags, sont répréhensibles par le code pénal (depuis 1994) blah bla puni par deux ans d’emprisonnement et de 30 000 € d’amende blah blah…”
En gros, si chacun de ces artistes est pris à barbouiller un mur, aussi moche soit-il, il en prend pour 3750 € d’amende.
Ouaip.
C’est pas folichon.

Y'a du boulot. Photo E.S.Claës.
Raison de plus pour sortir les bombes ?
Les bonbombes.
LE bon sens.
Mais c’est bien sûr.
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Artistes
Miss Tic, VLP, Jérôme Mesnager, Mimi the Clown, FKDL, Bom-K, Troy Henriksen, Babs, Keag, Sore, Gilbert Petit, TRBDSGN, Tom Tom, Stanley Stray Larue, L’Atlas, Nasty, Teurk,
Tanc, Yaze, Seize, Dacruz, Ema Tricopathe, Kashink, Dealyt T.E.R, Ecloze, Psyckoze, Aksel
Edition et librairie
Critères Editions, Kitchen 93, Editions Alternatives, Wasted Talent
Galeries Agents
Gautier Bischoff, Taxie Galerie, David Guiraud,
duRififi: Sophie Bousquet, Gil Le Magoarou, Galerie Keller, Studio 55
Associations et Collectifs
Graffer’z Delight, TRBDSGN, 100 Pression, Association V.A.O, France-Tricot, Douze12,
Collectif T.E.R
Street Culture
Auguste, Deco Spray, AK-LH
Musique
Lyre le temps, ArtKut
Media
Graffitti Art Magazine, 90BPM