Carnets de vie de Saul Claës

1 avril 2008

Résiste

Pour ce premier d’avril,

je commence à écrire un billet,

mais je ne le termine pas.

Et vous reviendrez désormais pour mon sens de l’humour.

1 mars 2008

Haaa l’humour…

Classé dans : Anecdotes, Citation — saulclaes @ 7:57

Marcel Gauchet à la radio, il y a quelques jours, se déclarait chagrin de ne plus retrouver dans les écrivains français d’aujourd’hui ce rôle et cette utile implication : la démarche de réflexion, la vraie. Et il a probablement raison ; nous manquons, tous, de cette réflexion des grands penseurs. Certains d’entre nous rêvent même les yeux ouverts des positionnements des philosophes à plume littéraire, quand d’autres cherchent cet amour passionné pour l’idée qui débridait l’enthousiasme des publics réunis, mobilisé, ce travail offert qui inspirait aux inconnus de folles soirées à refaire ensemble le monde, et surtout, surtout à le penser. On regrette cette réflexion foisonnante qui déclenchait la fureur des critiques bousculés. Parce qu’on moins on se marrait.

Un des meilleurs exemple est peut-être cette saillie entendue à la première de la Bataille d’Hernani.

25 février 1830

Quand rentre le public, mais surtout les « anciens », défenseur du classicisme, c’est une huée. Théophile Gautier s’est fait par la suite le rapporteur de cette soirée capitale pour le romantisme, ainsi que le témoigne cet extrait d’un hommage posthume “Victor Hugo” en 1902 * :

« Oui, nous les regardâmes avec un sang-froid parfait, toutes ces larves du passé et de la routine, tout ces ennemis de l’art, de l’idéal, de la liberté et de la poésie, qui cherchaient de leurs débiles mains tremblotantes à tenir fermée la porte de l’avenir ; et nous sentions dans notre cœur, un sauvage désir d’enlever leur scalp avec notre tomahawk pour en orner notre ceinture ; mais à cette lutte, nous eussions couru le risque de cueillir moins de chevelures que de perruques ; car, si elle raillait l’école moderne sur ses cheveux, l’école classique en revanche, étalait au balcon et à la galerie du Théâtre-Français une collection de têtes chauves pareilles au chapelet de crânes de la déesse Dourga. Cela sautait si fort aux yeux qu’à l’aspect de ces moignons glabres sortant de leur cols triangulaires avec des tons de couleur de chair et de beurre rance, malveillants malgré leur apparence paterne, un jeune sculpteur de beaucoup d’esprit et de talent, célèbre depuis, dont les mots valent des statues, s’écria au milieu du tumulte : « À la guillotine les genoux ! » »

Théophile Gautier

* Source : Wikipedia (brûlons un cierge)

26 décembre 2007

Les explosifs internes

C’est tout de même déstabilisant d’être dépassé par soi-même. Surtout quand ça arrive comme ça, d’un coup. Sans prévenir. Cela dit, le phénomène surgit somme toute très souvent sans prévenir. Il y a bien peu de moyens de prévoir ces sursauts de l’âme ; à la limite, on les devine quand ils sont imminents. Mais même là, à moins d’une édifiante connaissance de nos frustrations les plus secrètes, les torrents d’émotions nous surprennent. Forts, violents, ils nous submergent. Ainsi il arrive que, d’une seconde à l’autre, on assaille un serveur de restaurant, on s’épanche lors d’une réunion de famille, on offre la tournée au bar, on se confie à une inconnue, on pleure devant msn, on rougit en plein discours.

Ces pointes d’émotions, ces débordements incontrôlés, ne sont pas appréciés. Rarement. On les redoute, on les refoule. On les cantonne aussi, ces redoutables émois, on désigne des coupables, on rejette sur eux la faute ; dès lors, nos colères sont légitimes, à défaut d’être simplement exprimées elles détiennent un coupable (et c’est précieux un coupable, il n’existe pas plus commode). À grande échelle, cette évacuation, mêlée d’impuissance, d’incompréhension, débouche sur la guerre, le rejet fabrique de la terreur. 

C’est l’idée.

En gros.

Et, si il y avait une solution ? Et si elle était, même, simple ?!

« Contraindre le chaos que l’on est à devenir forme »

Nietzsche 

Vous qui êtes actuellement, à cette seconde, sur la toile en train de lire ces carnets de vie, au demeurant fort sympathiques, vous êtes peut-être, activement, en train d’agir pour le bien de l’humanité.

Tadam.

En effet, si la solution à nos excès était de les structurer, de les comprendre, de leur donner une forme, de les exprimer enfin, existe-t-il meilleur outil qu’internet ? N’est-il pas enrichissant, fécond au-delà de nos espoirs les plus ambitieux, d’y découvrir l’autre et le monde en douceur ? N’est-il pas équilibrant, à l’instar des cahiers de Paul Valéry, d’y allonger ses pensées et ses secrets ? Ne vivons-nous pas une véritable révolution de fond (les plus difficiles), l’ère du blog pacifique, où, si nombreux, les humains se confient, extraient leurs ressentiments, leurs interrogations, leurs joies, leurs attentes, reçoivent des commentaires, attendent des réactions, discutent dans des forums, ces agoras virtuelles où le peuple discute, discute ! les affaires publiques ? 

Alors ?!!? 

Pour une fois, soyons faibles, cédons ici à l’appel illusoire du mot de la fin :

Fragmentez, donnez vous des perspectives, dispersez vos propres poussières d’étoile, déployez votre univers, nourrissez son expansion…

Bref, Faîtes des blogs. 

Et, pour finir, une pensée à Novtac, cet être délicat qui aime bien, lui, quand je rougis. Et même quand je pleure. 

Comme Candy.  

24 décembre 2007

Papier jaune, encre rouge

Il y a des années, une citation sur un mur parisien frappait les passants, au point d’en arrêter quelques uns… Effacée depuis, oubliée par la plupart des témoins, elle fut retrouvée hier, recopiée à la main, dans un sac d’affaires bariolé ; elle y reposait, déposée, sereine, attendant d’être lue à nouveau un jour.

Sur un papier jaune difficile à identifier (mais où donc cette feuille jaune a-t-elle été dénichée ?), elle fut recopiée à l’encre rouge (parce que cela était probablement la seule plume dégottée à ce moment là, moment volé, posé entre deux minutes, dans l’urgence d’une journée anodine et citadine). Le trait est relativement sûr, ce qui est un peu surprenant dans des conditions qu’on imagine défavorables à de la calligraphie bien intentionnée. Et des années plus tard, elle est toujours aussi jolie et percutante. Vivace.

Universelle.

Voilà

« Je suis dans la clarté qui s’avance,
Mes mains sont pleines de désirs, le monde est beau.
Mes yeux ne se lassent pas de voir les arbres,
Les arbres si pleins d’espoirs, si verts.
Un sentier ensoleillé s’en va à travers les mûriers,
Je suis à la fenêtre de l’infirmerie.
Je ne sens pas l’odeur des médicaments,
Les œillets ont dû s’ouvrir quelque part.
Être captif, là n’est pas la question,
Il s’agit de ne pas se rendre, voilà.
»

Nazim Hikmet (1902 – 1963)

Ce grand poète dit aussi que « L’artiste est l’ingénieur de l’âme humaine ». Et c’est un plaisir toujours renouvellé que de pouvoir y ajouter des couleurs…

Joyeux Noël.

 

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