Hey fellas,
Nous y sommes.
Depuis le temps que j’ai envie d’écrire une chronique de voyage dans ces carnets de vie, il n’est jamais trop tard. Qu’est-ce que 2 ans et demi pour se lancer ? Un exercice pour se décomplexer.
Donc nous y sommes. Un sac de 4,1kg et de l’eau d’Issey Miyake sur les poignets et en voiture les enfants. Enfin, en avion.
Saudi Arabian Airlines, cela ne s’invente pas. Majoritairement des stewarts MAIS il y a UNE hôtesse de l’air. Je la regarde. Elle porte un air froid, un foulard sur la tête et ses jambes restent invisibles. Elle n’est pas indigne, juste un argument commercial. A l’instar du film d’ailleurs qu’ils passent sur les écrans. Film américain, actrices américaines : tous les décolletés et les morceaux de jambes sont floutés. Pas indigne, juste commercial. Les quelques femmes qui se sont regardées interloquées dans l’avion sont toutes Françaises.
Nous faisons une escale à Riyad en Arabie Saoudite dans deux heures. Puis direction Mumbaï. On ne dit plus Bombay mais Mumbaï, comme on ne dit plus Pékin mais Beijin. Une odeur de déclin occidental et de montée des pays autrefois occupés ? C’est probable. C’est certain. La réappropriation toute capitalistique et culturelle du nom en est un indice plutôt fiable. Curieuse de voir ça. Extraordinairement curieuse de voir ça.
Derrière notre rang, une femme intégralement voilée. Passé le premier choc, parce que oui cela me choque, et cela me choque même beaucoup, je ne fais plus attention à elles. Elles au pluriel parce qu’elles sont plusieurs dans cet avion. Première fois de toute ma vie que je me trouve en proximité de tant de femmes intégralement voilées. Autant de paires d’yeux qui me fixent quand je passe entre les sièges pour me dégourdir les jambes. Au demeurant suffisamment jolies pour que je les montre au moins un peu.
Je n’aurais pas supporté de m’asseoir à côté de l’une de ces femmes. Cela m’angoissait réellement au moment de l’embarquement. Surtout que comme d’habitude, parce que ce genre de choses arrive toujours avec moi, nous fûmes illustrés parmi le flot de voyageurs anonymes : « Ah ! C’est vous ! Il y a eu un petit problème, nous avons dû vous déplacer, etc, etc… »
J’angoissais donc de me trouver assise à côté de l’un de ces femmes. Je crois que je n’aurais pas pu faire autrement que de demander à être changée de place. En m’excusant auprès d’elle. Auprès du monde entier (je suis Française, les Français n’assument rien). Parce que je n’aurais jamais pu faire comme si tout est normal. Jamais. Me cantonner dans une attitude de normalité s’associerait à une acceptation tacite, silencieuse. Un Why not, je comprends… Je respecte.
Mais non. Je ne comprends pas. Et je ne respecte pas.

Decollage imminent de Riyad vers Bombay, entoures par le desert. Juillet 2010. Photo E.S.Claes
Je déteste le monde qui voile les femmes et qui se paie le luxe de leur acheter un téléphone portable dernier cri tout en criant au scandale à la première critique. Non, je ne comprends pas, et je ne respecte pas. Mais enfin, cette femme voilée est assise derrière notre rang, je ne la vois pas, cela me suffit pour aujourd’hui. Et puis sa petite fille de six ans n’arrête pas de donner des coups de pieds dans mon siège. Pour mon plus grand plaisir. Donne des coups de pieds petite chérie, n’arrête jamais.
Et l’Inde ?
Etrange continent étranger. Nous y serons demain matin. L’Inde est un mystère encore lointain. Quant au dépaysement, s’il a été moins prude, il ne s’est pas fait attendre.

Mumbaï ? on aurait pu s’y croiser il y 5 ans… Et tu fais quoi après, Goa et les plages ? ou les temples et les ruines du sud (que j’avais vues ; franchement génial) ? remarque, en 1 mois, tu peux tout faire. Enfin, pas de blague, ne mange que “Veg” (ou alors du poisson frais en bord de mer). Et les transports par bus sont fort lents (et jamais de bus la nuit, c’est vraiment trop dangereux).
Salut routarde, qu’Hermès soit avec toi
Commentaire par Hervé — 11 juillet 2010 @ 10:28 |