Carnets de vie de Elle S.Claës

31 mai 2009

“La pute à Sarkozy” 2

Dans ces carnets, il y a quelques mois, paraissait un billet, même pas d’humeur le pauvre, sur une cliente clochardisante approchant les caisses d’un Franprix. Cet article s’intitulait ”la pute à Sarkozy“.

Dans cette supérette, en plein centre de Paris, la presque clocharde, bien Française, esprit révolutionnaire et chafouin oblige, égratignait avec entrain la vertu de notre première dame.

Vous n’avez simplement pas idée du nombre de visites qu’il y a depuis, dans ces carnets, pour ce seul article. A croire que cela fasse bien plaisir aux internautes que cette madame Bruni-Sarkozi soit perçue, même par une clocharde, comme une femme hautement intéressée par les fruits de la gloire et fort portée sur les choses du sexe.

Talent s’il en est remarquez. En viable. Signe des temps.

Mais fi des considérations horizontales.

Pour conclusion avançons que nombre de Français et Françaises veulent voir la première dame de France nue et font ce qu’il faut pour : les recherches “Carla Bruni nue“, ou encore “Carla pute” dans les moteurs de recherche sont légion. C’est simplement abasourdissantissime.

En rédigeant cet article, “La pute à Sarkozy“, l ’auteur ne soupçonnait pas l’impact médiatique. Depuis sa mise en ligne, au mois de févier, aux alentours, des milliers de visites sont à constater.
Pour cette seule journée clôturant notre joli mois de mai, à 19h, 69 visites sont comptabilisées pour ce même article. Jour de pentecôte, il doit y avoir un rapport entre l’effet de la première dame de France et l’ascension.
Arf.

Histoire d’avoir encore quelques milliers de visites dans ces carnets, nous devrions remettre une photo de madame nue tiens.

Et de monsieur ?

Ecce homo.

Célébrité et richesse assurées.

Mais non. Pas folle la bêbête.

Ha ! que j’en voy bien peu songer à ceste mort /

Et si chacun la cerche aux dangers de la guerre!”

Jean de Sponde, poète érotique du XVIème siècle, controversiste, mort dans la pauvreté.

23 mai 2009

Disney, parc naturel

Petit couple et poussettes. Photo E.S.Claës.

Disneyland, petit couple et poussettes. Photo E.S.Claës.

Pourquoi un enfant pleure-t-il, épuisé, avachi dans une poussette trop petite pour lui ? Parce qu’il quitte le parc Disney.

Les enfants finissent souvent cette journée sur les nerfs, accablés, comme sous l’effet d’un choc incompréhensible. Souvent.

Pas tout le temps. Mais souvent.

Et c’est en soit un non-sens.

Enfin pas tant que ça.

Le parc Disney, un jour d’affluence, de grand soleil, de chaleur, un jour de vacance, c’est un cauchemar pour un enfant. En fin de journée, nous sommes très loin des publicités Disney on l’on voit des visages rayonnants et détendus.

En fait.

Pour faire plaisir à un petit, si on considère Disney comme une sortie incontournable, ce qui reste très discutable, il faut y aller l’hiver. Un jour où personne n’y va.

Un jour de pluie.

Un jour tranquille.

Vrai-faux griffé Disney. Photo E.S.Claës.

Vrai-faux griffé Disney. Photo E.S.Claës.

Il faut que cela soit le cadeau bonus, le petit truc en plus, la sortie comme ça. Le parc est suffisamment « fantastique » en soit pour ne pas en rajouter.

Sinon, l’excès guette, l’écœurement, le conditionnement, jusqu’à la dépendance.

Disney, présenté comme l’extraordinaire événement, le sensationnel et l’enviable se transforme en drogue dure, le référent se fait absolu et tyrannique. Disneyland c’est génial, donc tout ce qui est génial évoque Disneyland.

CQFD.

Il reste que le parc a pour lui d’entretenir des arbres magnifiques, beaux en toutes circonstances, un mélange de faux et de vrai très réussi.

Et puis soyons rassurés, loin d’entretenir une fascination nerveuse pour le rêve manufacturé, les ados eux ont bien compris que le parc Disney n’est que le parc Disney.

Ados délinquants aventurés sur pelouse interdite made in Disney. Photo E.S.Claës.

Ados délinquants aventurés sur pelouse interdite made in Disney. Photo E.S.Claës.

Pour saisissant rappel, Disneyland est la première destination touristique de France avec 15 millions de visiteurs par an. Le Mont Saint-Michel et ses 3 millions de visiteurs arrive loin derrière. Cela fait de la Belle au Bois Dormant la châtelaine la plus visitée de France.

Diantre.

Mont Saint-Michel, à la nuit tombée des nues. Photo E.S.Claës.

Mont Saint-Michel, à la nuit tombée des nues. Photo E.S.Claës.

21 mai 2009

Après moi, le déluge…

21 mai 2009. Jeudi de l’ascension.

Un curé de ville normande confesse à une de ses ouailles qu’un phénomène nouveau de « débaptisation » enfle ces derniers mois dans sa paroisse. Pourtant, l’Église catholique c’est la classe ! La plus grande entreprise commerciale de tous les temps ! Des milliards en monnaies cliquetantes, des parchemins aux valeurs inestimables, des penseurs précieux, d’immenses figures atemporelles. Un Empire, romain, apostolique doté d’un remarquable sens des affaires. Un droit et un code. Une spectaculaire spiritualité. Une culture universelle, une pensée humaniste…

Oui mais jusqu’à un certain point.

Ouvrage numérisé et mis en ligne.Claude-Henri de Saint-Simon, ouvrage numérisé et mis en ligne.

« Jusqu’au XVème, l’Église avait suivi assez exactement [sa] direction chrétienne »[1]

Depuis « […] les ecclésiastiques se sont trouvés investis de pouvoirs tout-à-fait arbitraires, et dont ils ont abusé de la manière la plus extravagante et la plus absurde :

  • les uns ont persuadés à leurs clients que pour obtenir le paradis ils devaient se déchirer le corps à coups de discipline ;
  • les autres, que c’était en portant un cilice qu’ils devaient se martyriser ;
  • d’autres, que c’était du poisson qu’il fallait manger, et qu’on devait s’abstenir de viandes ;
  • d’autres, qu’il fallait lire tous les jours une effroyable quantité de prières, presque toutes insignifiantes, et écrites dans une langue ignorée de la très grande majorité des fidèles ;
  • d’autres, qu’il fallait passer une grande partie de la journée à genoux dans les églises,

… toutes choses qui ne pouvaient nullement contribuer à l’amélioration du sort de la classe pauvre.

Cette conduite du clergé a pu et a dû avoir lieu à l’époque de l’enfance de la religion : mais aujourd’hui que nos idées à cet égard se sont éclaircies et précisées, la prolongation de pareilles mystifications serait déshonorante pour la cour de Rome. Certainement tous les chrétiens aspirent à la vie éternelle, mais le seul moyen de l’obtenir consiste à travailler dans cette vie à l’accroissement du bien-être de l’espère humaine. »[2]

L’Église catholique, détournée des besoins de la classe la plus pauvre ? Incompréhensive de l’humain de son temps ? Perdue dans la théologie pure, presque dans la superstition, égarée dans l’exercice du pouvoir ?

BenoitXVI.jpgIl est étrange, en effet, que notre Benoît XVI international, aux chaussures de cuir et au fauteuil 18 carats, soit un si catastrophique pape au moment de la crise financière… Assistons-nous aux mêmes phénomènes d’épuisement de la bête sur laquelle sont montés les grands patrons et autres traders ? Le Pape tire-t-il sur la corde ? Attend-t-il le domestique ? L’Église et ses bons hommes rouge et or, bien mâles et tout, serait-elle intéressée par le confort, les vêtements de luxe, le rang social et les échines courbées ? L’Église souhaite-t-elle se réformer et s’adapter en profondeur ?

Petit rappel numéro 1 : avant d’être Pape, Benoît XVI était professeur en dogmatique et théologie fondamentale[3], théologien (en Allemagne), participant au concile œcuménique Vatican II[4] en tant que consulteur théologique, archevêque de Munich et Freising[5], cardinal[6], et notamment rapporteur du Ve synode des évêques sur le thème : « Les missions de la famille chrétienne dans le monde d’aujourd’hui »[7].

Petit rappel numéro 2 : Benoît XVI enchaîne les bourdes depuis quelques mois, on s’en souvient. L’Église est loin de s’adapter. Mais alors, que cherche-t-elle ?

« Une des explications – pas forcément la meilleure – à l’actuel durcissement des positions catholiques officielles en matière de foi serait la thèse du « conservatoire de la bonne doctrine ». Selon cette thèse, certains catholiques se seraient résignés à l’impuissance de l’Église face aux valeurs du monde occidental moderne, notamment l’individualisme, la permissivité sexuelle et morale, le relativisme, etc. Le rôle des institutions ecclésiales serait alors moins de promouvoir les valeurs de l’Église dans le monde que de réussir à conserver la pureté de la « vraie » doctrine. »

Ainsi s’exprime[8] un membre du conseil d’administration de l’Association des journalistes d’information religieuse, Jérôme Anciberro, un des rédacteurs du Journal Témoignage chrétien, La résistance spirituelle. L’Église serait donc au-dessus des limites de son époque, suffisamment forte pour ne pas avoir à s’adapter, à écouter, suffisamment supérieure pour ne pas avoir à suivre les évolutions du monde entier. Faut voir. C’est fort de café, mais enfin faut voir.

Plus récemment, un autre rédacteur du même journal, Jacques Noyer, Évêque émérite d’Amiens, explique que l’Église traverse une crise grave et estime quant à lui qu’il est nécessaire d’entrer en résistance :

Eglise dublinoise, un curé nous voyant arrêté devant son église nous proposa de nous la faire visiter, sortit de grosses clefs de son manteau et nous proposa adorablement de nous la faire visiter. C'était un curé tout à la promotion de son lieu de travail. Photo E.S.Claës.

Église dublinoise avec échelle, curé concerné qui nous invita à entrer. Photo E.S.Claës.

« Si derrière la crise économique d’aujourd’hui, nous voyons la crise de 1920, si derrière la grippe porcine d’aujourd’hui nous tremblons de la menace du Sida, de la même façon ce qui rend compte de la crise religieuse d’aujourd’hui, c’est la menace de cette Église bien pensante et lâche dont le retour annoncé nous appelle à une nouvelle résistance. »[9]

Depuis 2006, le Catholicisme n’est plus la première religion du monde passée derrière l’Islam[10]. Alors ? To réforme or not to réforme ? Entrer en résistance on nous dit. Mais, est-il encore temps ? Et puis… Est-ce bien raisonnable ?

« Mais le Fils de l’Homme, quand il viendra, trouvera-t-il la foi sur la terre ? » Évangile selon Saint Luc (Luc XVIII,8).

(cité par l’internaute Raistlin sur un forum).

***

Le Journal Témoignage Chrétien est sur le point de disparaître : il subit de plein fouet tour à tour la crise économique, la crise de l’Eglise et la crise de la presse… Signe des temps, le journal titrait le 19 février dernier « Appel 2009 : Témoignage chrétien va-t-il mourir ? » Des personnalités aussi diverses que Jacques Delors, Axel Kahn, Benoît Hamon, Stéphane Hessel, Jean-Claude Guillebaud, Jacques Noyer et Cécile Duflot ont lancé un manifeste : « Nous avons besoin de Témoignage chrétien » et tentaient de mobiliser lecteurs et donateurs potentiels. Avis aux âmes généreuses.


[1] Saint-Simon, Le Nouveau Christianisme, Edition Bossange Père, Paris, 1825, p30.

[2] Saint-Simon, Op. cit, pages 50 et 51.

[3] A l’École supérieure de Freising, puis professeur de théologie à l’université de Münster de 1959 à 1963, professeur de théologie à l’université de Bonn de 1963 à 1966.

[4] Quatre sessions de 1962 à 1965.

[5] Nommé en 1977 par le pape Paul VI.

[6] Promu la même année, le 27 juin 1977.

[7] 1980.

[8] Dans son article Toutes les sanctions mènent à Rome publié en 2006.

[9] Article Les crises se suivent…   par Jacques Noyer, dans Témoignage chrétien, édition du 7 mai 2009, en ligne.

[10] Les musulmans représentent en 2006 19,2% de la population mondiale et les catholiques 17,4%. Source : Osservatore Romano, organe du Vatican, par Mgr Vittorio Formenti, auteur de l’annuaire statistique 2008 de l’Etat pontifical.

Christ dublinois, Photo E.S.Claës

Christ dublinois, même église, même curé concerné (on le comprend mieux). (Pour l'anecdote, le curé ne faisait que passer devant son église fermée ; il sortit de grosses clefs de son manteau magique exprès pour les photos et le recueillement). Photo E.S.Claës.

20 mai 2009

Haaaaaaaaaaaaa !!

Classé dans : Anecdotes — saulclaes @ 9:22
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Aujourd’hui à 11h12, les medias du net titrent tour à tour « Les Talibans et la bombe » et « Que vous inspire* les maisons de retraite ? ».

Avec la typo et tout, ça donne quelque chose de détendant comme ça :

« Les Talibans et la bombe »

« Que vous inspire* les maisons de retraite ? »

Mais les infos ne sont pas les infos sans le classique et méchamment cornu

« Bison futé voit rouge »

* A cette minute,  le site 20Minutes étale ce titre avec cette spectaculaire faute d’orthographe. En énooorme donc.

Soupir.

13 mai 2009

Art de rue 3ème volet et autant de tuyaux.

Espèce en voie de disparition. Photo E.S.Claës

Espèce en voie de disparition. Photo E.S.Claës

Se promener dans les détails de Paris reste un plaisir indicible.

Quelque part.

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Là un tigre à moitié recouvert, ici une frise colorée.

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Frise ethnique, l'air de rien. Photo E.S.Claës

Frise ethnique, l'air de rien. Photo E.S.Claës

Après les oranges, les ronds bleus. Photo E.S.Claës.

Après les oranges, les ronds bleus. Photo E.S.Claës.

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Un discret plissement des yeux ouvre les portes d’un spectacle élevé : la décoration des tuyaux.

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Ce spectacle là hisse si haut la délicatesse de l’inutile qu’il en laisse une impression de légèreté précieuse. Même quand il est en bas.

Tuyau à moustaches, tuyau spirituel... Photos E.S.Claës

Tuyau à moustaches, tuyau spirituel... Photos E.S.Claës

Tuyaux amusé. Photo E.S.Claës

Bande à tuyaux. Photo E.S.Claës

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Cette chose mystérieuse qui arme le collectionneur se réveille en vous. Vous traquez bientôt le tuyau coquet.

Attention, avertissement : certains tuyaux ont de l’humour.

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Le soir tombe.

Et les cyclopes clowns ont la patate.

Cyclope yau de poële. Photo E.S.Claës

Cyclope yau de poële. Photo E.S.Claës

11 mai 2009

Mouvement de foule

Il y a dix jours, des milliers de personnes défilaient sur le Boul’mich, à Paris. Des tracts couvraient le sol, nous aurions cru assister à l’élection d’un président américain en noir et blanc à la télévision. Ce premier mai, il faisait beau, les enfants, de sortie, jouaient avec les bâtons gonflables CGT qui, s’ils ne sont pas écolo du tout, sont sans risque pour les petits. Tout le monde suivait le manifestant de devant en distribuant son petit laïus à lui, à elle, qui pour interdire le passage d’une autoroute quelque part, qui pour réclamer la libération d’un terroriste palestinien, tous pour s’opposer.

Passait là une foule compacte en opposition.

Les touristes regardaient défiler les Français. Les appareils photo ne chômaient pas. Ils photographiaient la colère, le sérieux, le désespoir parfois, mais aussi le folklore, le voisin imitant le voisin. Il faut dire, c’est toujours fascinant à voir. Chacun se sentant à sa place, occupé, agissant, exaspéré et mieux-pensant, chacun admirant, imitant et suivant le mouvement

On demande souvent des justifications pour aller manifester, parce que cela semble vain, de plus en plus. Manifester ? Est-ce si pertinent ? Le débat est d’actualité. Mais la vraie question est pourquoi ne pas manifester ? Surtout un jour férié ?

Quand des milliers de personnes défilent, sans heurt, les affaires reprennent. Les restaurateurs font des sous, les vendeurs ambulants préparent des centaines de casse-croutes. Pour peu qu’il fasse beau la manifestation se transforme en sortie idéale, une plage de détente un rien nerveuse. Quand il pleut c’est presque mieux, on se sent courageux, battant, inflexible le panneau à la main. Manifester, outre son incontestable raison d’être sociale, occupe indubitablement, c’est un lieu de socialisation moderne.

Socialisation, maître mot en nos temps individualistes. Dans les manifestations, on se rencontre, on se parle, on se comprend, on se reflète dans les autres, et ça n’est pas nouveau[1].

Les touristes habitués continuent de prendre des photos, autres reflets.

Les manifestations s’enchaînent. Force d’opposition, pas de proposition.

Système à bout de souffle. Rationalisation.

Mais merguez et voix collective, le seul endroit où l’on s’autorise encore les chansons.

Quoi qu’il se passe, la France ira mieux si elle se rassemble. Le tout est qu’elle cesse de s’opposer et se mette à discuter.

Et à proposer.


[1] Lire Gabriel Tarde, Lois de l’imitation, 1884.

***

3 mai 2009

Des yeux pour regarder

Classé dans : Pensée de Saulclaës — saulclaes @ 10:09

De passage dans un couloir de métro, station Charles de Gaule Etoile, un panneau publicitaire électrique, tout de lumière vêtu, attire l’œil des passants pourtant particulièrement amorphes en ces temps de catastrophes médiatisées. C’est un écran immense, de la taille d’un homme costaud, ou de la taille d’un téléphone portable de géant. D’ailleurs la pub qui passe est celle d’un cellulaire dernière génération top génial que c’est trop de la balle.

Arrêt sur image.

Une réflexion : ce panneau rétro-éclairé est-il la goutte d’eau dans le vase saturé ? Des pubs on en mange à longueur de journée, est-ce une si bonne idée l’usage de l’électricité à des fins mercantiles ? Un, on nous harcèle, deux, on nous pollue ?

Il faut leur dire quoi pour qu’ils se posent la question ? Qui sont ces gens qui n’entendent rien ?! Qui sont-ils donc ? Une race à part ? Des “publicistaires” ? Mais alors, ces “publicistaires” sont-ils  stupides ? Cupides ? Fantaisistes ? Désespérés ?

(là, on sèche)

Mystère.

Deuxième réflexion : à part les “publicistaires”, la RATP est-elle complice ? Subit-elle ? Réfléchit-elle ? On apprend, en cherchant un peu sur la toile, que ces panneaux ont également, sous le verre, des capteurs faciaux. Ils enregistrent vos réactions, telle réaction à telle publicité, mais également telle forme, couleur ? Quoi qu’il en soit, ces capteurs enregistrent le nombre de passants, leurs arrêts et leur temps d’exposition. Aux “publicistaires” d’adapter ensuite leurs campagnes.

Une question fuse : ces “publicistaires” réalisent-ils que les consommateurs changent, évoluent, ne réagiront pas toujours à la couleur rouge si elle se retrouve partout ? Réalisent-ils que ce genre d’innovation technologique est d’une vanité touchante ?

Mystère.

Troisième réflexion : Le 1er avril, une action en référé a été intentée contre la RATP et sa régie publicitaire Métrobus pour que soient retirés ces panneaux animés. Cinq associations sont montées au créneau*, la RATP a dû fait marche arrière, pour l’instant. La suite des évènements est attendue dans les semaines à venir. Rappelons que quatre écrans sont déjà actifs à la station Étoile, 400 autres sont prévus d’ici à fin juin 2009, 800 écrans doivent être installés dans les gares SNCF d’ici à la fin de l’année 2009. Enfin, il est également question que ces panneaux envoient une pub sur votre téléphone portable grâce à leur fonctionnalité Bluetooth.

Arrête-t-on le progrès ?

Mystère.

*Robin des toits, Résistance à l’agression publicitaire (Rap), Souriez vous êtes filmés, Le Publiphobe et Big brother awards : elles “dénoncent la mise en place probablement illégale de dispositifs d’analyse de données biométriques, installés sans aucune concertation, et à l’insu total des usagers et du personnel de la RATP“.

Panneau rétro-éclairé d'un Relay, panneau sans capteur, station Les halles, photo E.S.Claes

Panneau rétro-éclairé d'un Relay, panneau sans capteur, station Les halles, photo E.S.Claes

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