Carnets de vie de Elle S.Claës

27 décembre 2008

Les fumeurs chinois

Chinois avec un fume-cigarette (véridique), Kunming, Sud Chine, photo E.S.Claës

Chinois avec un fume-cigarette (véridique), Kunming, Sud Chine, photo E.S.Claës

À votre avis, combien de chinois fument aujourd’hui ?
Hmmm ?
Combien-de-chinois, combien-de-chinois…

Petit rappel avant la sentence : la France compte plus de 14 millions de fumeurs et le tabac reste la première cause de mortalité évitable en France (66 000 morts par an).

Alors combien-de-chinois, combien-de-chinois ?

Et bien 250 millions, dont un million meurt chaque année, et dont 42 millions sont mineurs. Un cinquième de la population du pays a la clope au bec.

Ça calme.

Le gouvernement se tâte, apprend-t-on cette année, pour augmenter l’impôt sur le tabac. C’est qu’environ 13,7 millions de fumeurs chinois arrêteraient alors* et le gouvernement collecterait 64,9 milliards de yuans (9,5 milliards de dollars) supplémentaires.

Faut voir.

Bon maintenant ça ne devrait pas changer grand chose aux habitudes ; en France, les ventes de cigarettes, suite aux augmentations et tracasseries que l’on connaît, ont baissé de 1,48% en 2007 d’après le bilan “Tabagisme et arrêt du tabac” de l’Office français des drogues et des toxicomanies (Ofdt). MAIS la vente des patchs en France, gommes ou comprimés a augmenté de 30,6% en 2007 par rapport à 2006.

Le nombre de fumeurs en Chine et en France correspond peu ou prou au même rapport, aux alentours du cinquième. Et s’il suffisait non pas d’arrêter de fumer mais simplement de fumer moins ? Quelques cigarettes au lieu du paquet ?

Il reste que 150 états dans le monde se sont engagés début 2008 à adopter des mesures anti tabac. Il serait intéressant de connaître les résultats.

À cinq jours de la nouvelle année, à quel rang se hissera l’ultra récidiviste résolution « j’arrête de fumer ? »

Boaf.

* Rapport de l’Association de contrôle du tabac de Chine (Chinese Association on Tobacco Control, CATC).

Une source : http://www.tabac.gouv.fr/

Vendeur de cigarettes en Chine, Kunming, Sud Chine, photo E.S.Claës

Vendeur de cigarettes en Chine, Kunming, Sud Chine, photo E.S.Claës

26 décembre 2008

Ridicule ? Affirmatif

GAINSBOURG par ci.

GAINSBOURG par là.

GAINSBOURG ici ?

Ra la la.

C’est à la limite de l’amusement cette tendance à citer Gainsbourg partout, pour tout qui va crescendo en France depuis quelques années. Cela en est à la limite. À la limite. Car cela n’est pas amusant.

Son nom et sa vie sont souvent dérangés à mauvais escient. Pas toujours, mais souvent. Et cela finit par laisser un arrière goût désagréable. On cite Gainsbourg pour toute tentative de provocation. Ou de chanson. Ou de concept top tendance. Gainsbourg ressort au gré des mauvaises imitations et des fantasmes d’une période désincarnée qui aimerait se sentir vivre. Bon, cela peut se comprendre. Mais le bonhomme est une personnalité délicate à manier. Tellement de gens s’y retrouvent, et ses coups de gueule, et ses allers-retours, et sa sensibilité le rendent difficile à cerner, âme libre emprisonnée. Certes, l’homme n’appartient à personne, donc tout le monde peut le citer, utiliser son nom, ses œuvres. Certes, certes. Il reste que ce n’est pas toujours amusant. Est-ce que cela doit être amusant ? Ben oui, au moins un peu. En tous cas, cela ne doit pas être désagréable.

Petit exemple, avant un gros exemple, d’hommage gainsbourien pas marrant : Julien Doré (malgré le nom de peintre expressionniste, ce jeune homme dans la vingtaine est un blond intelligent à barrette auteur-compositeur-interprète lancé depuis peu).

***

PETIT EXEMPLE d’HOMMAGE GAINSBOURIEN PAS MARRANT : Julien Doré fait un hommage copié-collé à Gainsbourg avec le clip de sa chanson phare, en partenariat avec Sony Ericsson. Déjà. Ensuite, Julien Doré sautant à deux pieds dans le système se targue (c’est lui qui insiste) de n’être pas enclavé dans des limites. Bon, à la limite pourquoi pas. Mais cela perd tout son charme, et son sens, quand Julien Doré se justifie  des paroles de ses chansons, notamment quand il dit aimer boire de l’alcool, en mettant en avant son inconscient ou la culture livresque*. Jamais lui donc. Il provoque mais ce n’est pas lui. C’est son inconscient. Et puis, enfin, quand Julien Doré chante “Anyone else but you” en duo avec Carla Bruni à Taratata, immortalisant une version fadasse à un point qui devrait être interdit par la loi, alors là… le provocateur gainsbourien fait pfuiiiit comme le procès de Jacques Chirac.

***

Gainsbourg… Jusque là, les reprises, copies, inspirations et tout le tutti ne faisaient que vivre leur vie. Cela a une vie toutes ces choses là, le grand Serge n’appartient à personne, oui, tout le monde peut utiliser son nom, d’accord, mais cela est plus gênant quand ce nom assure le fond d’une exposition, un fond que l’exposition touche indéniablement.

GROS EXEMPLE d’HOMMAGE GAINSBOURIEN PAS MARRANT : Le nom en grand de Gainsbourg comme titre d’une exposition égotique, tendance et ridicule, minuscule, mal foutue, cacophonique, très documentée mais sans saveur, entre ordinateurs inaccessibles et vagues documentaires que l’on aurait préféré visionner à la maison. Cette prétentieuse exposition est prétexte à vent dans l’air du temps. Et elle coûte cher. Et vous rend con.

(Il n’est pas certain que cela soit un miroir fidèle du monsieur. Mais bon, avec lui…)

***

Pour continuer sur cette exposition « Gainsbourg 2008 » avançons qu’elle porte presque bien son nom : sa prétentieuse complexité sans intérêt résume idéalement l’esprit général de « 2008 » pour les parisianistes acharnés.

Décrite sur son site internet comme « une véritable mise en espace [des] trois dimensions [mots, images et musique] », « un dédale de totems thématiques », « des écrans d’images synchronisés, composition sonore spatialisée », « un univers sophistiqué », l’expo se trahit toute seule. Elle peut se voir à la Cité de la Musique (qui a bien déconné sur ce coup là) jusqu’au 1er mars.

***

AVERTISSEMENT : même si vous n’avez rien à faire,

n’allez pas à l’exposition “Gainsbourg 2008″.

Nous répétons : n’allez pas à l’exposition “Gainsbourg 2008″.

Sortez plutôt un trente-trois tours de Chopin, que Gainsbourg admirait tant, une bouteille de vin, un pétard, ou les deux, sortez courir, faîtes couler un bain, appelez des potes, faîtes l’amour… 2009 arrive. Plus que quelques jours à tenir.

julien_dore_sony

* Entretien de Julien Doré pour Tendance Ouest du 20 novembre 2008.

11 décembre 2008

Journée automne-hiver

Classé dans : Pensée de Saulclaës — saulclaes @ 4:43
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Sur Paris, ce jeudi, les couleurs défilent. Le ciel met les rêvasseries en appétit, pâtisserie fine saupoudrée de pastel.

Des lames de soleil balaient les sols, les façades haussmanniennes explosent d’ocre et d’orange, les nuages passent bas, troués, complices, laissent voir de furtifs lambeaux lapis-lazuli. En cette époque de miracles et de drames, la lumière est curieuse ; elle hésite.

5 décembre 2008

Le Stade des Français

Stade de France, photo E.S.Claës

Stade de France, photo E.S.Claës

Cela vient de tomber, c’est officiel : la France jouera contre la Nouvelle Zélande au premier tour pour le Mondial de Rugby 2011. À cette seconde s’est élevée une sourde plainte de la France oppressée. Mais, après réflexion, une tisane, ou autre chose, elle a réalisé que la nouvelle n’est pas si mauvaise qu’elle en a l’air… Et a respiré de nouveau.

Pour comprendre le pourquoi du comment, il faut remonter au dernier match amical joué entre la France et l’Australie le 22 novembre dernier au Stade de France, à Saint Denis, ville du nord de Paris alors littéralement envahie, sa population doublant le temps de la soirée. Le match a été vu par un peu de moins de 80 000 férus de rugby, et la ville compte environ 95 000 habitants. C’est impressionnant à voir. D’ailleurs, avant d’expliquer le potentiel positif du match contre la Nouvelle Zélande dans 3 ans, restons quelques lignes au Stade, cela vaut le temps du coup d’œil…

saulclaes_stade_gaminsmaquillageAvant l’ouverture des hostilités ovales, le Stade de France patiente plusieurs dizaines de milliers de personnes, c’est déjà quelque chose en soit. Ce n’est pas rien de voir tant de monde sourire en même temps.

La foule mouvante achète qui de la nourriture, qui une écharpe souvenir dont nous ne préciserons pas le prix ici, et des publicités immenses rappellent que ha oui c’est vrai, ce n’est pas que du sport, mais à part ça, l’ambiance est singulièrement détendue, surtout dans les bars célébrant les dieux du Stade en entretenant des atmosphères légères.

Australiens la bière à la main (cela rime).

Australiens la bière à la main (cela rime).

Ce soir là, les quelques australiens venus soutenir leur équipe se sont tous retrouvés au « Rendez-vous », et les autres se répartissaient entre le « 3ème mi-temps » et les bars mobiles installés à coup de planche métallique et autres toiles blanches résistant aux tempêtes des attentes.

Beaux coqs Français, photo E.S.Claës

Beaux coqs Français, photo E.S.Claës

saulclaes_stade_saulclaesSans même y regarder de très près, c’est véritablement une fête pour tous. Le maquillage est de sortie, du bleu du blanc du rouge, les yeux brillent, on s’interpelle, on s’encourage, on rigole et on a froid, ce qui explique les précautions prises ici et là, une couverture ou un deuxième manteau, il y a plus loin un écran géant pour ceux qui veulent avoir l’ambiance sans entrer dans le Stade, il y a aussi les nouveautés un peu absurdes du genre points Informations type écrans d’ordinateur hissés sur les épaules de jeunes hommes dévoués à la cause des spectateurs paumés. Et pendant ce temps, les joueurs s’échauffent sur le terrain, pour les plus pressés il est donc possible de les voir avant l’ouverture du match, ce que ne manquent pas de faire les amis du Rugby venus en meute.

Vous entrez. Et c’est grand. Émouvant. Saisissant. Les secondes se tiennent en l’air respectueuses de votre émotion.

Woaaaa, photo et exclamation E.S.Claës

Woaaaa, photo et exclamation E.S.Claës

Stadacadémy 2008, Photo E.S.Claës

Stadacadémy 2008, Photo E.S.Claës

Et, soudain, des écrans géants de chez géant, le genre qui renvoie tout ce qu’on connaît d’écran géant se rhabiller, diffusent sans introduction des publicités dont des ingénieurs de toutes évidences calés dans leur partie se sont assuré que vous ne pourriez rien entendre d’autre. Vous prenez sur vous rapidement, vous parvenez non sans mal à ne pas laisser gâcher l’instant, mais le coup bas ne tarde pas : un clip vidéo tourné par l’équipe de France qui entonne une chanson angélique, dégoulinante de bon sentiment et de notes sucrées, où l’innocente chasteté et l’inaltérable pureté de l’enfance son célébrées de concert, le tout pour une association caritative et encadré par SHARP et les montres BAUME et MERCIER.

Là, c’est dur.

Cordon de sécurité bientôt renforcé

Cordon de sécurité bientôt renforcé

Heureusement, le froid vous soutient, le cerveau est ferme. L’attention fait comme elle peut pour faire abstraction des publicités qui ne lâchent pas leurs proies, elle se reporte vers la spectaculaire caméra vidéo mobile suspendue au dessus du terrain, hallucine un peu sur les cortèges de sécurité jaune fluo, essaye en vain d’entendre la fanfare défilant sur le rectangle vert, puis le match démarre enfin, comme une comète. Et là, vous en prenez plein la vue ! Sans pub. Les ballons s’échangent, le Stade gronde, vous guettez les actions de Sébastien Chabal qui vous voient faire comme tout le monde, lâcher un RAAOWW enthousiaste dénué de toute objectivité, vous vous levez pour la Ola tant attendue*, vous vous rongez les ongles, bref vous êtes à fond dedans.

Enième essai raté par David Skrela, avant son carton jaune.

Enième essai raté par David Skrela, avant son carton jaune.

Au delà du caractère amical du match, nombreux sont les passionnés qui savent que se jouent ce soir les classements établis par l’International Rugby Board. Pour schématiser, si le match est remporté contre l’Australie, la France se positionne au mieux par rapport aux meilleurs, à savoir les quatre premières équipes mondiales, Nouvelle Zélande, Afrique du Sud, Australie et Argentine, têtes de série fameuses. Un truc dans le genre. Bon le fait est que la France ce soir là a perdu le match contre les Australiens, mais cela n’a pas eu de trop graves conséquences, la France restait bien placée. Et puis le tirage au sort qui a suivi a désigné la Nouvelle Zélande pour affronter notre équipe au premier tour du mondial 2011, premier tour dont les matchs peuvent être perdus puisqu’ils ne sont pas éliminatoires**. Tout reste donc à jouer. Dans ce contexte, on se souvient que la France aime jouer gros, c’est là qu’elle est la meilleure. Et puis c’est agréable de savoir qu’un excellent spectacle, euphorisant nous attend déjà pour dans trois ans.

RER qui ne perd pas ses moyens

RER qui ne perd pas ses moyens

Enfin, ce qui peut être retenu, c’est que notre hexagone aime le défi, s’emmerde si c’est trop facile, et qu’un petit tour au Stade fait beaucoup de bien. D’ailleurs, puisqu’on y revient, profitons en pour saluer les transports en commun qui parviennent à évacuer les dizaines de milliers de spectateur sans chaos, sans cahots, sans KO, voire même dans la bonne humeur.

*(et non pas Hola comme cela fut d’abord écrit ici, merci pour la correction dans les commentaires :)

** En gros il vaut mieux affronter la Nouvelle Zélande tout de suite puisqu’on ne risque pas d’être éliminé, qu’en quart de finale, le match suivant, qui lui est éliminatoire.

Un papa et ses deux filles, tout droit venus de Strasbourg.

Un papa et ses deux filles, tout droit venus de Strasbourg.

Jardin d’enfant

Classé dans : Pensée de Saulclaës — saulclaes @ 1:21

saulclaes_nadege1

Une pensée, à vrai dire non plusieurs, pour Nadège avec qui de très nombreuses heures furent passées à jouer il y a quelques dizaines d’années de cela.

Bon anniversaire.

1 décembre 2008

Il est parti le socialiste

Photo E.S. Claës

Photo E.S. Claës

1988, réélection de François Mitterrand, humain ou extraterrestre couramment considéré comme le dernier grand représentant du parti socialiste. Cela fait vingt ans. Et depuis vingt ans, son ombre plane démesurée, belle et terrible, comme un rappel à l’ordre persistant du superviseur, visionnaire visant à ne jamais être perdu de vue. Cette ombre rappelle les hauteurs de l’aventure socialiste, sa grandiose Histoire, son Espérance, cette bleue déesse * à laquelle les plus grandes âmes de la pensée socialiste se sont converties. Cette ombre ternit aujourd’hui l’éclat du quotidien qui peine à voir le soleil. Depuis toutes ces années, l’ombre passe, repasse, et sœur Anne ne voit rien venir.

Vingt ans.

SFIO

SFIO

Le parti, lui, est beaucoup plus âgé. Son intention politique s’est fixée en 1905 sous la forme d’une union socialiste, il y a donc plus de cent ans, et n’a , à l’aube du XXIème siècle, plus grand chose de l’union. Pour les désœuvrés, il y a moyen de s’occuper extraordinairement en suivant au fil de l’eau les remous et autres mous léchant par vagues répétées et inlassables les pieds de l’identité socialiste depuis quelques décennies, et tout particulièrement depuis quelques semaines.

Ces lignes n’inventent rien, n’apportent rien, ne font qu’exprimer littéralement ce que traduit une triviale blague circulant sans vergogne sur internet depuis des jours :

« J’ai entendu dire que les socialistes ont changé leur emblème pour le muguet, parce que c’est la seule fleur capable de supporter autant de cloches. »

Bref. Le thème socialiste inspire et échauffe les esprits, cela part dans tous les sens, comme les cheveux au réveil. À croire que le parti socialiste ne veut radicalement pas se discipliner, et que sa tête s’avoue impuissante à rester bien coiffée. Remarquez, la tête semble être le nœud du problème. Et quand on parle de nœud, les fameuses leçons d’Alexandre le Grand reviennent à l’esprit. Mais enfin, des nœuds, il y en assez comme cela. Les têtes du PS sont tout à fait conscientes des problèmes qui gangrènent le parti ; elles savent, tentent, proposent, mais elles ne s’entendent pas, ne s’attendent pas, prises par l’urgence de réformes internes et la volonté de se démarquer. Tout le monde est d’accord, tout le monde fait preuve de bonne volonté, tous les ingrédients sont là, alors pourquoi le PS ne parvient-il pas à s’accorder ?

« Il y a la foi et il y a la volonté et il y a, au bout du compte, la liberté victorieuse dans la patrie réconciliée. »

François Mitterrand, contre l’investiture de De Gaulle, le 1er juin 1958.

Pour De Gaulle, Mitterrand, de tempérament droitiste coupant les cheveux en deux, était « le candidat des partis ». Entre les deux tours des présidentielles 1965, être le « candidat des partis » face à un monument humain, cela ne « manquait pas de sel » (paraphrase de l’homme apolitique parmi les hommes apolitiques, et parmi les gastronomes, Jacques Chirac). Le propos fut réitéré par Alain Poher, homme centriste s’il en est, et l’expression « candidat des partis » menace depuis de remonter sur le pont dès que le bateau tangue et voit apparaître une nouvelle figure de proue. Avec les années, à la lecture, à l’analyse, à l’écoute, à dieu va, nous en arrivons à l’assurance que les partis ne sont rien sans leurs visages de candidats charismatiques, et que ces visages n’ont besoin des partis que pour leur élection, ce qui n’en font que des partis pris, dixit notre président Mr Sarkozy. Le PS ne fait pas exception, il a besoin, envie d’une individualité qui rassemble mais ne trouve personne capable de s’imposer sans ambiguïté. Les mots “nouveau”, “élan” résonnent, les moyens ne suivent pas ; les esprits, tous les esprits semblent vouloir le changement sans avoir à rien toucher.

« Le Parti socialiste (PS) est un parti politique français de gauche

dont l’actuel Premier secrétaire est le maire de Lille, Martine Aubry. »

Première ligne de la page WIKIPEDIA du PS, ligne sujette à une guéguerre d’usure ces derniers jours (pour ceux qui ont le temps, l’historique est fort divertissant).

Les vertus cardinales d'Aristote. (C) RMN / Agence Bulloz

Les vertus cardinales d'Aristote. (C) RMN / Agence Bulloz.

Ainsi même un parti comme le PS, si fort de son esprit clanique, historiquement servi par sa pensée collective, fracassera sa coque sur les récifs s’il n’y trouve pas rapidement une perle rare.

En réfléchissant à la stérilité actuelle du PS, imaginons l’avenir, une ère ca-rrrré-ment sans parti politique, dirigée d’humains forts en gueule, de toutes couleurs. Un Gandhi, même si l’exemple est excessif et difficile à sortir de son contexte, est un nom fort évocateur de cette ère supposée. Oui imaginons une France des futurs où les partis politiques, communément considérés en France comme la base du système démocratique**, disparaîtraient au bénéfice d’un soutien collectif décomplexé et organisé autour d’une entreprise individuelle, un soutien volontaire et choisi d’une forte personnalité capable et déterminée, dans le style d’un Mitterrand, le même qui a rassemblé le PS autour de lui en 1969, officiel âge de la majorité de la pensé socialiste. Dans cet avenir, peut-être imminent on l’ignore, la réussite politique serait une question de tempérance, l’une des quatre vertus cardinales avec la justice, la prudence et la force selon Aristote. En revenant à nos jours, le même Aristote, penseur de son état, s’amuserait certainement de notre début de siècle qui veut qu’en politique le ralliement à un parti soit une étape obligatoire, dont il est insensé de faire l’économie, à l’exemple de la guerre qu’a dû livrer Barak Obama contre Hillary Clinton pour pouvoir déclarer la même guerre contre Mc Cain. Le grand Aristote s’égayerait autant à observer le si saisissant besoin des militants des puissances occidentales de se regrouper dans des limites marquées, besoin moderne (!) qui veut qu’avant de faire de la politique, il faille faire parti d’un parti politique. Même si ce même parti est sur le départ. Et même si tel est pris qui croyait prendre.

La rose blanche, symbole de dignité, d'humilité et d'intérêt

La rose blanche, symbole de dignité, d'humilité et d'intérêt

Enfin… Les mœurs évoluent, les crises au sein du PS en sont de possibles stigmates. Que sera donc le parti socialiste quand il ne sera plus un parti ? Cette lente évolution vers le non parti, si elle est effective, pourrait-elle être l’explication de son mal parti ? Ségolène, électron qui a la fâcheuse tendance à se détacher des objectifs moléculaires, violemment opposée dans les faits et par les votants à une robote intelligente, surnommée Terminator dans son fief du Nord, qui rassure les partisans les plus doctrinaires, n’est-ce pas tout à fait révélateur de la scission nucléaire des partis agonisants ? Et si tel est le cas, à quand l’explosion de l’UMP dont on commente déjà les timides frondes et autres divergences d’opinions ? Quoi qu’il en soit, et quoi que nous réserve l’avenir, l’actualité se prépare à être rock’n roll, pour le plus jubilatoire plaisir des petits et des grands.

Comme cet article, postons-nous. Ça va être marrant.

* ” … nous escomptons toujours le succès, nous autres amants de la bleue déesse, l’Espérance !”, citation tirée de la nouvelle “Gambara“, de Balzac.

** Ce qui revient à dire que les quelques 200 000 adhérents avérés du PS (dans ses fortes estimations) représenteraient démocratiquement, en cas d’élection présidentielle, les quelques 62 000 000 000 de français. Superbe.


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