Et le gagnant est…
« Bon je vais rentrer pour mes jeux télévisés. »
Voici comment, dans un bar de Tourcoing, à la frontière belge, un monsieur s’apprêtait à quitter son bout de comptoir et une bière mousseuse. La patronne, blonde, bagout, énormes seins, le regarde d’un œil amusé, et lui répond : « oui, enfin, on sait ce que tu vas voir », et lui montre donc ses seins, décidément énormes, d’un geste explicite des deux mains.
Là, autant dire que, assise tranquillement dans la salle, à lire Nord Eclair, l’assemblée se retrouva attentive.
Le monsieur, le nez dans son verre de bière, sourit, répond un vague « Ben quoi, faut c’qui faut où y faut ». Deux autres habitués, au comptoir, rigolards, reprennent un peu de bière. Ils se regardent, mystérieux, l’œil riant.
Mais qu’était-ce donc que ces “jeux télévisés” ?
Puis, la réponse fuse, un des deux habitués, en réponse au « mouais… » pas convaincu de la tenancière, s’exclame les bras en l’air, toujours rigolard « haaaa qu’est-ce qu’on ferait sans Dechavanne ? »
Haaaa, d’accord.
La patronne répète son mouais, et précise que de toutes façons ce sont des faux, ça se voit, hmph. Elle remontre alors ses seins et précise qu’elle aussi, si elle avait de l’argent, elle pourrait se les refaire faire, comme tout le monde ! Trop facile.
L’assemblée se regarde, n’osant lui préciser que là, heu, là c’est pas nécessaire.
Là-dessus, le monsieur au jeu télévisé s’agite de nouveau, l’œil frisant.
« Ma fille m’a montré comment se servir d’internet ! Vous savez c’est génial cette machine. »
Courant approbatif dans l’assemblée. Quelques mots s’échangent sur la technologie, que c’est quand même chouette et tout ça.
« Et ben ! J’ai y trouvé un concours où il fallait r’connaît’ les femmes qui s’les ont fait refaire ! »
On rigole, on ralala. Il savoure ses effets, reprend un peu de bière, sourit toujours, s’amuse. La patronne finit par lui demander « alors ? »
« Et ben, j’suis premier ! »
Tout pleins de çuilà alors s’échangent, autant de sourires et beaucoup de détente naturelle. Sur cette vague de bon esprit, de tranquille laisser-aller du soir, porté par cette ambiance de bar qui s’est perdue à Paris, le monsieur pose sa bière vide, et s’en va. Arrivé à la porte, connecté au monde, le nouvel internaute prit le soin de laisser en cadeau une salutation générale, l’œil coquin. Il put partir tranquille, c’est bon, tout le monde, paisible, était de bonne humeur M’sieursdame…