Papier jaune, encre rouge
Il y a des années, une citation sur un mur parisien frappait les passants, au point d’en arrêter quelques uns… Effacée depuis, oubliée par la plupart des témoins, elle fut retrouvée hier, recopiée à la main, dans un sac d’affaires bariolé ; elle y reposait, déposée, sereine, attendant d’être lue à nouveau un jour.
Sur un papier jaune difficile à identifier (mais où donc cette feuille jaune a-t-elle été dénichée ?), elle fut recopiée à l’encre rouge (parce que cela était probablement la seule plume dégottée à ce moment là, moment volé, posé entre deux minutes, dans l’urgence d’une journée anodine et citadine). Le trait est relativement sûr, ce qui est un peu surprenant dans des conditions qu’on imagine défavorables à de la calligraphie bien intentionnée. Et des années plus tard, elle est toujours aussi jolie et percutante. Vivace.
Universelle.
Voilà
« Je suis dans la clarté qui s’avance,
Mes mains sont pleines de désirs, le monde est beau.
Mes yeux ne se lassent pas de voir les arbres,
Les arbres si pleins d’espoirs, si verts.
Un sentier ensoleillé s’en va à travers les mûriers,
Je suis à la fenêtre de l’infirmerie.
Je ne sens pas l’odeur des médicaments,
Les œillets ont dû s’ouvrir quelque part.
Être captif, là n’est pas la question,
Il s’agit de ne pas se rendre, voilà. »
Nazim Hikmet (1902 – 1963)
Ce grand poète dit aussi que « L’artiste est l’ingénieur de l’âme humaine ». Et c’est un plaisir toujours renouvellé que de pouvoir y ajouter des couleurs…
Joyeux Noël.