
- Budapest, Photo de Elle S.Claës
Budapest, capitale d’Europe centrale, est une ville atemporelle. Magnifique comme une âme sage, et malgré l’euphorie du marketing qui emballe ses vitrines, elle s’offre le luxe raffiné de rester paisible. Universelle, elle porte les stigmates de grandes joies et de grandes peines ; supérieure, rien ne semble pouvoir lui manquer de respect. Investie de la même nervosité complexée qui agite actuellement le monde, en plein développement économique elle aussi, Budapest, calme, laisse couler les eaux de son fleuve et se chauffe aux eaux de ses stations thermales. Les flamboiements impérissables de l’éblouissante époque des Habsbourg côtoient ci et là, sans façon, ses façades vieillissantes. De magnifiques bâtisses peintes, vert anis, rose saumon, bleu pâle, safran, se fissurent, tombent en ruine ; réelles, imparfaites, elles viennent vous toucher en plein cœur. Partout des traces du communisme, des blocs de gris, des étoiles rouges dans des magasins d’antiquité, et encore, garées dans un coin, en héritage, de vieilles voitures.

- Budapest, Photo de Elle S.Claës

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Le bleu glacial des cieux lumineux, les passages incessants de tramways colorés, les perspectives à perte de vue des infinies avenues de cette incroyable ville sont autant de souvenirs vastes qui élargissent votre âme. Le capitalisme continue d’arriver, on voit son empreinte partout, et, au même moment, à autant d’endroits, on sent que l’humain du coin s’en fout. Au quatrième étage d’un superbe immeuble or, on imagine un échange entre une directrice à l’image de sa ville, flegmatique, au-dessus de la médiocrité des modes, et son jeune assistant, “oui bon, d’accord, met la ta plaque dehors…”

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Budapest jouit d’un des plus grands réseaux de thermes au monde. C’est un plaisir indéfinissable que de venir se baigner dans ses bains chauds, la nuit, en plein air, le corps immergé dans une eau à 37 degrés, le visage fouetté par le froid hongrois d’une fin d’année. Partout des tourbillons de vapeur s’élèvent, et, parfois, ils vous laissent apercevoir, au gré des vents d’hiver, les étoiles. Oui cette ville incroyable est délicieuse. Elle vous surprend jusque dans ses douches thermales. Il est vrai que d’y croiser Magda, hongroise d’une soixantaine d’années, ancienne secrétaire de direction, qui tour à tour se plaint de sa maigre pension et s’enchante des poèmes d’Attila József, vous laisse un souvenir incomparable. Informée de ma nationalité française, cette respectable dame me fit part de sa persistante admiration pour notre grand homme, Napoléon Bonaparte. Partie dans une description très approximative de quelques unes de ses batailles, Magda, nue, parce que nous étions dans les douches on s’en souvient, et que les hongrois(es) ne s’encombrent manifestement d’aucune pudeur superflue, se coiffait les cheveux et les sourcils. Arrivée au moment crucial de la bataille d’Austerlitz, les yeux débordants d’admiration, cette charmante Magda me tourne soudain le dos pour se coiffer les poils pubiens, qui avaient probablement eu l’outrecuidance de prendre quelques libertés, puis me fait de nouveau face, présentable, pour m’avouer son autre passion : Gilbert Bécaud.
Il est des images comme ça qui resteront à jamais dans notre mémoire.
Haaa Budapest… Vous, dont le raffinement est allé jusqu’à me laisser en cadeau un ami, un français retrouvé là-bas dont vous avez soigné les bleus, avez conquis mon âme.
Surtout ne changez pas trop, mon coeur ne le supporterait pas.

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Une BO pour ce BEAU post?
http://annegarn.free.fr/chanson/attilajo.htm
C’est malin, j’ai maintenant tres envie d’y aller …
T
Commentaire par Thomas ssst — 17 décembre 2007 @ 8:09 |