Carnets de vie de Elle S.Claës

26 juin 2009

Le Roi n’est pas mort

Petite fille sur le parvis de Notre Dame le jour de la mort de Mickael Jackson, photo E.S.Claës

Petite fille sur le parvis de Notre Dame, jour de la mort de Mickael Jackson, photo E.S.Claës

Beaucoup de cerveaux se sont arrêtés aujourd’hui dans le monde. Quelques microsecondes. Le choc est réel.

Cela se voit sur les visages.

26 juin 2009, love M.J., Photo E.S.Claës

26 juin 2009, love M.J., Photo E.S.Claës

Dans l’heure qui suivit l’annonce du décès du Roi de la Pop, les évènements en Iran sont passés au second plan. Plus personne n’en a parlé. Plus personne n’a parlé de quoi que ce soit d’autre que de la mort du chanteur.

Le choc est réel.

Ce ne sont pas seulement les fanatiques qui sont choqués, mais les non concernés, ceux qui connaissaient l’homme pour l’avoir entendu au supermarché.

Mickael Jackson était familier du monde depuis des décennies. Personne ne pouvait nier son génie. Il est arrivé dans les années soixante, le gamin surdoué au sourire désarmant, dans ces années où sévissait l’héroïne dans les quartiers noirs. Un gamin noir désarmant.

Désarmant.

Mickael Jackson c’est le premier noir à être invité dans les émissions de blancs, c’est le chanteur et danseur noir qui fascina les Chinois en pleins balbutiements capitalistes. Mickael Jackson, sa jeunesse et sa voix douce, son énergie hallucinante, ses pas de danse avait quelque chose d’universel, d’immortel.

Mickaël Jackson n'est pas mort, Photo E.S.Claës

Mickaël Jackson n'est pas mort, Photo E.S.Claës

Mais tout de même, de là à ce que l’Iran passe à la trappe, il y a un truc.

La mort.

Il n’était pas vieux. Il n’était pas malade. Personne ne veut voir les étoiles s’éteindre, personne ne veut voir la mort.

Ni le temps qui passe.

Sauf dans les musées.

Et c’est bien là le plus grand problème, le plus grand mal que l’Occident doit affronter.

Mickael Jackson ne peut pas mourir. Les paparazzi ont trop besoin de lui. Et puis il résiste bien le petit Mickael, c’est parti pour durer, ad vitam. Comme Lady Di.

Le King n’est pas mort, vive le King.

Rest In peace, 26 mai 2009. Photo E.S.Claës

Rest In peace, 26 mai 2009. Photo E.S.Claës

23 juin 2009

Ah ! les premiers émois…

Classé dans : Pensée de Saulclaës — saulclaes @ 12:19

Rendez-vous dans une maison d’édition aujourd’hui à 15h00 pour discuter du manuscrit “La Révélation”.

Le soleil est à son Zénith.

Et le bonsaï est sur le balcon.

10 juin 2009

Quel jour ?

Classé dans : Pensée de Saulclaës — saulclaes @ 8:43

Nous ne sommes pas égaux devant le calendrier.

Il y a des gens qui ont les dates imprimées dans le cerveau, quelque part derrière le nerf optique. C’est certain. Comment feraient-ils sinon pour savoir instantanément la date, le mois, l’année, quand d’autres se lèvent péniblement à 09h29 en se demandant quel jour nous sommes ? Et sur quelle planète ?

6 juin 2009

Un don

Classé dans : Pensée de Saulclaës — saulclaes @ 9:33
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Je suis lâche“. Voilà une fatalité.

On entend cette phrase sur un ton qui regrette. D’ailleurs, la phrase est souvent suivie d’un “c’est comme ça“.

Je suis lâche, c’est comme ça“.

Parfois même d’un “je ne suis pas comme toi“. Ou “comme lui“, ou “comme elle“, bref pas comme tous ceux qui sont courageux.

Je suis lâche, c’est comme ça, je ne suis pas comme les autres“.

Oui sauf que la lâcheté n’est pas une tare. Et le courage n’est pas un don.

Le courage ça s’apprend.

Merde, merde, ça n’était pas prévu ça.

Mais ça tombe bien tout de même.

Scoop. Il n’y a pas que le courage qui s’apprend. Il y a la sincérité. Il y a la responsabilité. Il y a même l’amitié, la confiance en soit. Toutes des choses qui prennent des risques finalement. On apprend bien à conduire une voiture, alors pourquoi ne pas appeler ses amis et se lancer dans des projets fous ? Ce n’est pas moins dangereux. En fin de compte.

A l’heure où l’Europe se construit, où la Terre morfle, où la capitalisme se questionne durement, apprendre le courage et la responsabilité n’est pas une vaine entreprise.

Ouaip.

Bref, votons, aimons, appelons les potes, c’est le moment de se serrer les coudes.

Et accessoirement, tout ce qu’on peut serrer.

A dimanche.

2 juin 2009

Un Festival d’Art de rue

La fin du mois de mai a fêté, dans le quartier parisien et béni de Saint-Germain des Près, l’Art de rue.

Et évidemment, vu de la rue, on ne se doutait de rien…

La grande fête de l'art de rue, vue de la rue. Place Saint Sulpice. Photo E.S.Claës.

La grande fête de l'art de rue, vue de la rue. Place Saint Sulpice. Photo E.S.Claës.

A la seconde où cette photo est prise, le soleil est haut dans le ciel et l’air résonne de mystérieuses notes hip-hop. Vous approchez ; peu habitué à entendre du hip hop dans le quartier, vous ne pouvez qu’approcher. En passant la tête derrière les tôles, surprise, il y a tout pleins de gens, des artistes peintres improvisés et des dizaines de bombes éparpillées sur le sol.

Petits fours et bombes Molotov. Demandez le programme. Photo E.S.Claës.

Petits fours et bombes Molotow. Demandez le programme. Photo E.S.Claës.

Voilà qui n’est pas commun.

Cette découverte fut on ne peut plus réjouissante.

Un vrai gamin dans une boulangerie.

Artiste de rue observé, public observateur observé. Woua. Photo E.S.Claës.

Artiste de rue observé, public observateur observé. Woua. Photo E.S.Claës.

Des œuvres de rue, de tous les genres ou presque, se réunissaient là. Dans un éblouissant enchaînement des genres. Après avoir traqué l’art de rue pendant des semaines, mis les photos en ligne, exhibées comme autant de trophées, les auteurs de cet art de rue, ces artistes du bitume, se tenaient là, en chair et en os, avec des tatouages et des casquettes souvent.

C'est là bas t'inquiètes. Photos E.S.Claës.

Quelques intervenants. Photos E.S.Claës.

Ils sirotaient une boisson fraîche, discutaient avec les fans, les potes, les collègues. Venus par dizaines, tous plus connus les uns que les autres par les amateurs du genre, ils faisaient en toute décontraction la promotion de leur démarche artistique.

Humeur ? Photo E.S.Claës.

Humeur ? Photo E.S.Claës.

La chose avait de quoi perturber les habitudes.

Des dizaines de badauds et autres curieux passaient devant leurs expositions éphémères, expositions de cet art éphémère s’il en est.

Oh temps suspends ton vol !

Et ressers une bière.

Au moins pour la rime.

Ouaiis, je galère avec les dernières bombes que j'ai achetées... Photo E.S.Claës.

Ouaiis, je galère avec les dernières bombes que j'ai achetées... Photo E.S.Claës.

Les peintres en bâtiment ne levaient pas les yeux de leur travail.

Les avant-après réjouissaient les passants.

Comment pousse une ville. Photo E.S.Claës.

Comment pousse une ville. Photo E.S.Claës.

Les moindres détails étaient ici rafraîchissants. Le grimage des arbres et celui des simples poteaux, jusqu’au travail de l’artiste sous la surveillance active et nécessaire du plot de protection. On adôôôre le plot.

Quand les détails mangent les arbres et caressent les poteaux. Photos E.S.Claës.

Quand les détails mangent les arbres et caressent les poteaux. Photos E.S.Claës.

On adôôôre, on adhère ?

On adore.

Dentelle et vieille radio. Photo E.S.Claës.

Dentelle et vieille radio. Photo E.S.Claës.

Et pendant ce temps, la musique se fait douce, dansante, pulsée.

Hip hop, electro, drum’n bass et autres gros mots.

C’est vrai, franchement, que fais-t-on sans la musique ? Surtout en plein processus de création ? Peindre sans musique ?

Les groupes musicaux et leurs machines se succèdent sur la scène. En arrière-plan la Fontaine de la place Saint-Sulpice, dessinée par l’architecte Visconti, entourée de ses evêques, écoute. Elle date de 1844 cette Fontaine dite des “quatre points cardinaux”,  elle en a vu d’autres.

Et puis Bossuet et Fénelon qui l’ornent ne se sont jamais rendus malade à cause des sursauts de culture populaire.

C’est d’autant plus vrai quand on sait combien cette manifestation est bancale. Attendez… Où est ce papier, le programme ? Attendez, je vais le chercher…

Le voilà. Donc, sous le nom des participants, nombreux, après les horaires des conférences, des performances, une fois avoir lu le nom des partenaires parce qu’on est bien curieux de savoir qui s’associe à ce genre de festivités, on découvre un rien déçu un Avertissement :

toutes dégradations et détériorations des biens par inscriptions, graffitis, tags, sont répréhensibles par le code pénal (depuis 1994) blah bla puni par deux ans d’emprisonnement et de 30 000 € d’amende blah blah…”

En gros, si chacun de ces artistes est pris à barbouiller un mur, aussi moche soit-il, il en prend pour 3750 € d’amende.

Ouaip.

C’est pas folichon.

Y'a du boulot. Photo E.S.Claës.

Y'a du boulot. Photo E.S.Claës.

Raison de plus pour sortir les bombes.

Les bonbombes.

LE bon sens.

Mais c’est bien sûr.

*****

Artistes

Miss Tic, VLP, Jérôme Mesnager, Mimi the Clown, FKDL, Bom-K, Troy Henriksen, Babs, Keag, Sore, Gilbert Petit, TRBDSGN, Tom Tom, Stanley Stray Larue, L’Atlas, Nasty, Teurk,
Tanc, Yaze, Seize, Dacruz, Ema Tricopathe, Kashink, Dealyt T.E.R, Ecloze, Psyckoze, Aksel

Edition et librairie

Critères Editions, Kitchen 93, Editions Alternatives, Wasted Talent

Galeries Agents

Gautier Bischoff, Taxie Galerie, David Guiraud,
duRififi: Sophie Bousquet, Gil Le Magoarou, Galerie Keller, Studio 55

Associations et Collectifs

Graffer’z Delight, TRBDSGN, 100 Pression, Association V.A.O, France-Tricot, Douze12,
Collectif T.E.R

Street Culture

Auguste, Deco Spray, AK-LH

Musique

Lyre le temps, ArtKut

Media

Graffitti Art Magazine, 90BPM

31 mai 2009

“La pute à Sarkozy” 2

Dans ces carnets, il y a quelques mois, paraissait un billet, même pas d’humeur le pauvre, sur une cliente clochardisante approchant les caisses d’un Franprix. Cet article s’intitulait ”la pute à Sarkozy“.

Dans cette supérette, en plein centre de Paris, la presque clocharde, bien Française, esprit révolutionnaire et chafouin oblige, égratignait avec entrain la vertu de notre première dame.

Vous n’avez simplement pas idée du nombre de visites qu’il y a depuis, dans ces carnets, pour ce seul article. A croire que cela fasse bien plaisir aux internautes que cette madame Bruni-Sarkozi soit perçue, même par une clocharde, comme une femme hautement intéressée par les fruits de la gloire et fort portée sur les choses du sexe.

Talent s’il en est remarquez. En viable. Signe des temps.

Mais fi des considérations horizontales.

Pour conclusion avançons que nombre de Français et Françaises veulent voir la première dame de France nue et font ce qu’il faut pour : les recherches “Carla Bruni nue“, ou encore “Carla pute” dans les moteurs de recherche sont légion. C’est simplement abasourdissantissime.

En rédigeant cet article, “La pute à Sarkozy“, l ’auteur ne soupçonnait pas l’impact médiatique. Depuis sa mise en ligne, au mois de févier, aux alentours, des milliers de visites sont à constater.
Pour cette seule journée clôturant notre joli mois de mai, à 19h, 69 visites sont comptabilisées pour ce même article. Jour de pentecôte, il doit y avoir un rapport entre l’effet de la première dame de France et l’ascension.
Arf.

Histoire d’avoir encore quelques milliers de visites dans ces carnets, nous devrions remettre une photo de madame nue tiens.

Et de monsieur ?

Ecce homo.

Célébrité et richesse assurées.

Mais non. Pas folle la bêbête.

Ha ! que j’en voy bien peu songer à ceste mort /

Et si chacun la cerche aux dangers de la guerre!”

Jean de Sponde, poète érotique du XVIème siècle, controversiste, mort dans la pauvreté.

23 mai 2009

Disney, parc naturel

Petit couple et poussettes. Photo E.S.Claës.

Disneyland, petit couple et poussettes. Photo E.S.Claës.

Pourquoi un enfant pleure-t-il, épuisé, avachi dans une poussette trop petite pour lui ? Parce qu’il quitte le parc Disney.

Les enfants finissent souvent cette journée sur les nerfs, accablés, comme sous l’effet d’un choc incompréhensible. Souvent.

Pas tout le temps. Mais souvent.

Et c’est en soit un non-sens.

Enfin pas tant que ça.

Le parc Disney, un jour d’affluence, de grand soleil, de chaleur, un jour de vacance, c’est un cauchemar pour un enfant. En fin de journée, nous sommes très loin des publicités Disney on l’on voit des visages rayonnants et détendus.

En fait.

Pour faire plaisir à un petit, si on considère Disney comme une sortie incontournable, ce qui reste très discutable, il faut y aller l’hiver. Un jour où personne n’y va.

Un jour de pluie.

Un jour tranquille.

Vrai-faux griffé Disney. Photo E.S.Claës.

Vrai-faux griffé Disney. Photo E.S.Claës.

Il faut que cela soit le cadeau bonus, le petit truc en plus, la sortie comme ça. Le parc est suffisamment « fantastique » en soit pour ne pas en rajouter.

Sinon, l’excès guette, l’écœurement, le conditionnement, jusqu’à la dépendance.

Disney, présenté comme l’extraordinaire événement, le sensationnel et l’enviable se transforme en drogue dure, le référent se fait absolu et tyrannique. Disneyland c’est génial, donc tout ce qui est génial évoque Disneyland.

CQFD.

Il reste que le parc a pour lui d’entretenir des arbres magnifiques, beaux en toutes circonstances, un mélange de faux et de vrai très réussi.

Et puis soyons rassurés, loin d’entretenir une fascination nerveuse pour le rêve manufacturé, les ados eux ont bien compris que le parc Disney n’est que le parc Disney.

Ados délinquants aventurés sur pelouse interdite made in Disney. Photo E.S.Claës.

Ados délinquants aventurés sur pelouse interdite made in Disney. Photo E.S.Claës.

Pour saisissant rappel, Disneyland est la première destination touristique de France avec 15 millions de visiteurs par an. Le Mont Saint-Michel et ses 3 millions de visiteurs arrive loin derrière. Cela fait de la Belle au Bois Dormant la châtelaine la plus visitée de France.

Diantre.

Mont Saint-Michel, à la nuit tombée des nues. Photo E.S.Claës.

Mont Saint-Michel, à la nuit tombée des nues. Photo E.S.Claës.

21 mai 2009

Après moi, le déluge…

21 mai 2009. Jeudi de l’ascension.

Un curé de ville normande confesse à une de ses ouailles qu’un phénomène nouveau de « débaptisation » enfle ces derniers mois dans sa paroisse. Pourtant, l’Église catholique c’est la classe ! La plus grande entreprise commerciale de tous les temps ! Des milliards en monnaies cliquetantes, des parchemins aux valeurs inestimables, des penseurs précieux, d’immenses figures atemporelles. Un Empire, romain, apostolique doté d’un remarquable sens des affaires. Un droit et un code. Une spectaculaire spiritualité. Une culture universelle, une pensée humaniste…

Oui mais jusqu’à un certain point.

Ouvrage numérisé et mis en ligne.Claude-Henri de Saint-Simon, ouvrage numérisé et mis en ligne.

« Jusqu’au XVème, l’Église avait suivi assez exactement [sa] direction chrétienne »[1]

Depuis « […] les ecclésiastiques se sont trouvés investis de pouvoirs tout-à-fait arbitraires, et dont ils ont abusé de la manière la plus extravagante et la plus absurde :

  • les uns ont persuadés à leurs clients que pour obtenir le paradis ils devaient se déchirer le corps à coups de discipline ;
  • les autres, que c’était en portant un cilice qu’ils devaient se martyriser ;
  • d’autres, que c’était du poisson qu’il fallait manger, et qu’on devait s’abstenir de viandes ;
  • d’autres, qu’il fallait lire tous les jours une effroyable quantité de prières, presque toutes insignifiantes, et écrites dans une langue ignorée de la très grande majorité des fidèles ;
  • d’autres, qu’il fallait passer une grande partie de la journée à genoux dans les églises,

… toutes choses qui ne pouvaient nullement contribuer à l’amélioration du sort de la classe pauvre.

Cette conduite du clergé a pu et a dû avoir lieu à l’époque de l’enfance de la religion : mais aujourd’hui que nos idées à cet égard se sont éclaircies et précisées, la prolongation de pareilles mystifications serait déshonorante pour la cour de Rome. Certainement tous les chrétiens aspirent à la vie éternelle, mais le seul moyen de l’obtenir consiste à travailler dans cette vie à l’accroissement du bien-être de l’espère humaine. »[2]

L’Église catholique, détournée des besoins de la classe la plus pauvre ? Incompréhensive de l’humain de son temps ? Perdue dans la théologie pure, presque dans la superstition, égarée dans l’exercice du pouvoir ?

BenoitXVI.jpgIl est étrange, en effet, que notre Benoît XVI international, aux chaussures de cuir et au fauteuil 18 carats, soit un si catastrophique pape au moment de la crise financière… Assistons-nous aux mêmes phénomènes d’épuisement de la bête sur laquelle sont montés les grands patrons et autres traders ? Le Pape tire-t-il sur la corde ? Attend-t-il le domestique ? L’Église et ses bons hommes rouge et or, bien mâles et tout, serait-elle intéressée par le confort, les vêtements de luxe, le rang social et les échines courbées ? L’Église souhaite-t-elle se réformer et s’adapter en profondeur ?

Petit rappel numéro 1 : avant d’être Pape, Benoît XVI était professeur en dogmatique et théologie fondamentale[3], théologien (en Allemagne), participant au concile œcuménique Vatican II[4] en tant que consulteur théologique, archevêque de Munich et Freising[5], cardinal[6], et notamment rapporteur du Ve synode des évêques sur le thème : « Les missions de la famille chrétienne dans le monde d’aujourd’hui »[7].

Petit rappel numéro 2 : Benoît XVI enchaîne les bourdes depuis quelques mois, on s’en souvient. L’Église est loin de s’adapter. Mais alors, que cherche-t-elle ?

« Une des explications – pas forcément la meilleure – à l’actuel durcissement des positions catholiques officielles en matière de foi serait la thèse du « conservatoire de la bonne doctrine ». Selon cette thèse, certains catholiques se seraient résignés à l’impuissance de l’Église face aux valeurs du monde occidental moderne, notamment l’individualisme, la permissivité sexuelle et morale, le relativisme, etc. Le rôle des institutions ecclésiales serait alors moins de promouvoir les valeurs de l’Église dans le monde que de réussir à conserver la pureté de la « vraie » doctrine. »

Ainsi s’exprime[8] un membre du conseil d’administration de l’Association des journalistes d’information religieuse, Jérôme Anciberro, un des rédacteurs du Journal Témoignage chrétien, La résistance spirituelle. L’Église serait donc au-dessus des limites de son époque, suffisamment forte pour ne pas avoir à s’adapter, à écouter, suffisamment supérieure pour ne pas avoir à suivre les évolutions du monde entier. Faut voir. C’est fort de café, mais enfin faut voir.

Plus récemment, un autre rédacteur du même journal, Jacques Noyer, Évêque émérite d’Amiens, explique que l’Église traverse une crise grave et estime quant à lui qu’il est nécessaire d’entrer en résistance :

Eglise dublinoise, un curé nous voyant arrêté devant son église nous proposa de nous la faire visiter, sortit de grosses clefs de son manteau et nous proposa adorablement de nous la faire visiter. C'était un curé tout à la promotion de son lieu de travail. Photo E.S.Claës.

Église dublinoise avec échelle, curé concerné qui nous invita à entrer. Photo E.S.Claës.

« Si derrière la crise économique d’aujourd’hui, nous voyons la crise de 1920, si derrière la grippe porcine d’aujourd’hui nous tremblons de la menace du Sida, de la même façon ce qui rend compte de la crise religieuse d’aujourd’hui, c’est la menace de cette Église bien pensante et lâche dont le retour annoncé nous appelle à une nouvelle résistance. »[9]

Depuis 2006, le Catholicisme n’est plus la première religion du monde passée derrière l’Islam[10]. Alors ? To réforme or not to réforme ? Entrer en résistance on nous dit. Mais, est-il encore temps ? Et puis… Est-ce bien raisonnable ?

« Mais le Fils de l’Homme, quand il viendra, trouvera-t-il la foi sur la terre ? » Évangile selon Saint Luc (Luc XVIII,8).

(cité par l’internaute Raistlin sur un forum).

***

Le Journal Témoignage Chrétien est sur le point de disparaître : il subit de plein fouet tour à tour la crise économique, la crise de l’Eglise et la crise de la presse… Signe des temps, le journal titrait le 19 février dernier « Appel 2009 : Témoignage chrétien va-t-il mourir ? » Des personnalités aussi diverses que Jacques Delors, Axel Kahn, Benoît Hamon, Stéphane Hessel, Jean-Claude Guillebaud, Jacques Noyer et Cécile Duflot ont lancé un manifeste : « Nous avons besoin de Témoignage chrétien » et tentaient de mobiliser lecteurs et donateurs potentiels. Avis aux âmes généreuses.


[1] Saint-Simon, Le Nouveau Christianisme, Edition Bossange Père, Paris, 1825, p30.

[2] Saint-Simon, Op. cit, pages 50 et 51.

[3] A l’École supérieure de Freising, puis professeur de théologie à l’université de Münster de 1959 à 1963, professeur de théologie à l’université de Bonn de 1963 à 1966.

[4] Quatre sessions de 1962 à 1965.

[5] Nommé en 1977 par le pape Paul VI.

[6] Promu la même année, le 27 juin 1977.

[7] 1980.

[8] Dans son article Toutes les sanctions mènent à Rome publié en 2006.

[9] Article Les crises se suivent…   par Jacques Noyer, dans Témoignage chrétien, édition du 7 mai 2009, en ligne.

[10] Les musulmans représentent en 2006 19,2% de la population mondiale et les catholiques 17,4%. Source : Osservatore Romano, organe du Vatican, par Mgr Vittorio Formenti, auteur de l’annuaire statistique 2008 de l’Etat pontifical.

Christ dublinois, Photo E.S.Claës

Christ dublinois, même église, même curé concerné (on le comprend mieux). (Pour l'anecdote, le curé ne faisait que passer devant son église fermée ; il sortit de grosses clefs de son manteau magique exprès pour les photos et le recueillement). Photo E.S.Claës.

20 mai 2009

Haaaaaaaaaaaaa !!

Classé dans : Anecdotes — saulclaes @ 9:22
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Aujourd’hui à 11h12, les medias du net titrent tour à tour « Les Talibans et la bombe » et « Que vous inspire* les maisons de retraite ? ».

Avec la typo et tout, ça donne quelque chose de détendant comme ça :

« Les Talibans et la bombe »

« Que vous inspire* les maisons de retraite ? »

Mais les infos ne sont pas les infos sans le classique et méchamment cornu

« Bison futé voit rouge »

* A cette minute,  le site 20Minutes étale ce titre avec cette spectaculaire faute d’orthographe. En énooorme donc.

Soupir.

13 mai 2009

Art de rue 3ème volet et autant de tuyaux.

Espèce en voie de disparition. Photo E.S.Claës

Espèce en voie de disparition. Photo E.S.Claës

Se promener dans les détails de Paris reste un plaisir indicible.

Quelque part.

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Là un tigre à moitié recouvert, ici une frise colorée.

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Frise ethnique, l'air de rien. Photo E.S.Claës

Frise ethnique, l'air de rien. Photo E.S.Claës

Après les oranges, les ronds bleus. Photo E.S.Claës.

Après les oranges, les ronds bleus. Photo E.S.Claës.

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Un discret plissement des yeux ouvre les portes d’un spectacle élevé : la décoration des tuyaux.

*

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Ce spectacle là hisse si haut la délicatesse de l’inutile qu’il en laisse une impression de légèreté précieuse. Même quand il est en bas.

Tuyau à moustaches, tuyau spirituel... Photos E.S.Claës

Tuyau à moustaches, tuyau spirituel... Photos E.S.Claës

Tuyaux amusé. Photo E.S.Claës

Bande à tuyaux. Photo E.S.Claës

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Cette chose mystérieuse qui arme le collectionneur se réveille en vous. Vous traquez bientôt le tuyau coquet.

Attention, avertissement : certains tuyaux ont de l’humour.

*

Le soir tombe.

Et les cyclopes clowns ont la patate.

Cyclope yau de poële. Photo E.S.Claës

Cyclope yau de poële. Photo E.S.Claës

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