Carnets de vie de Elle S.Claës

9 novembre 2009

Vas-y Jerry !

Le cocon du rock'n roll, matrice musicale. Jerry Lee Lewis au Grand Rex. nov2009. Photo E.S.Claës.

Le cocon du rock'n roll, matrice musicale. Jerry Lee Lewis au Grand Rex. nov2009. Photo E.S.Claës.

La semaine dernière, la capitale a reçu Jerry Lee Lewis, 74 ans, pour son dernier concert en France.

L’homme est âgé, il arrive lentement, péniblement, seul, il s’assoit à son piano et ne bouge plus.

Il commence à jouer, les mains quasiment statiques, et là, un mystère, un inexplicable mystère comme le sont les vrais mystères : l’ambiance est électrique et les premières notes endiablées.

C’est officiel, on peut être immobile et faire lever une salle.

Après nombre de chansons, dont l’inoubliable “Great Balls of fire“, Jerry Lee Lewis se paye le luxe de partir au beau milieu de son morceau “Mean old man“, le simple de son dernier album sorti en 2009 (52 ans après le premier), sans saluer. A peine.

D’aucuns diront qu’il est arrogant, la salle est en effet restée un peu interdite, d’autres se diront que l’homme a largement, très largement les moyens de partir quand il veut comme il veut.

Et puis, il le dit lui-même, il est un vieil homme méchant.

Qui a dit que Jerry Lee Lewis n’était plus rock’n roll ?

8 novembre 2009

Médecin amorphe

Classé dans : Pensée de Saulclaës — saulclaes @ 2:24

Entre autres causes de la morosité qui sévit depuis quelques temps en France, il y a les médecins amorphes. Ceux qui ont trop travaillé, trop subi l’admistration et la bêtise de certains de leurs patients. Ils ont trop expliqué, trop légitimé, trop rempli des papiers, et, finalement, trop fait les mêmes diagnostics, cent, mille, cent mille fois les mêmes diagnostics.

Cela s’explique. Cela se comprend.

Néanmoins, quand c’est vous le patient, que vous avez eu à attendre cinq mois pour obtenir un rendez-vous, que l’on vous a raccroché au nez deux fois au standard, que l’attente est interminable, qu’enfin vous arrivez devant votre ophtalmologiste, son absence de considération est violente. Choquante même. Bien entendu.

Ce médecin vous regarde sans vous voir, pour un ophtalmologiste c’est un comble, certes, c’est tout autant dramatique avec tout autre praticien. Bien entendu. Des fois c’est amusant. Mais c’est le plus souvent dramatique. Quand on y pense.

Votre médecin vous osculte en vous expliquant la vie, sans écouter votre avis, il ponctue votre échange, enfin son monologue et vos tentatives d’intervention, d’intempestifs “maiiis non“, “il ne faut rien faire sans l’avis de votre médecin” et autres “revenez dans six mois“. Il colle un demie sphère de verre dans votre oeil, oeil médusé quand il profite de cet instant pour discuter avec la secrétaire. Le temps vous paraît long mais un mouvement n’est pas souhaitable, pas plus qu’une quelconque objection.

L”entretien terminé, on ne vous salue pas vraiment, le médecin peut même vous précéder, sortir de son cabinet, laisser croire que vous devez suivre pour finalement vous rendre compte qu’il n’allait que chercher un café au petit comptoir d’en bas, dans le hall de la clinique, tandis que de nombreux autres patients attendent dans la fameuse salle d’attente et que vous vous entendez dire “mais vous pouvez rentrer chez vous!”.

Pupille dilatée qui n'arrive pas à en croire son oeilBon, maintenant, cela devient drôle quand vous sortez avec les pupilles spectaculairement dilatées suite à l’injection de gouttes piquantes dans les yeux et l’effet qu’a eu cet entretien ahurissant sur votre état ahuri. Dehors il fait beau, vous êtes ébloui, comme jamais, presque aveugle à vrai dire.

Vous entrez dans le premier café qui vient, par sagesse, tout le monde vous regarde parce que vous avez beaucoup pleuré, que vous avez les yeux rouges et dilatés d’un camé.

Là, vous clignez de vos yeux douloureux et vous entreprenez de lire l’Equipe au comptoir.

Cela vous semble une excellente idée.

Au chaud, vous ne pouvez vous empêchez de penser une dernière fois à ce rendez-vous. Les médecins amorphes participent de la morosité ambiante, c’est un fait. Mais à tout prendre, au même titre que la poule et son oeuf, ne sont-ce pas les médecins qui sont amorphes à cause de la morosité ambiante ?

O tempora, O mores ! L’avenir est aux patients qui redonneront envie à leur médecin de se marrer.

Il va falloir être inventif. Il s’agit de ne pas le braquer.

1 octobre 2009

Petit café

Classé dans : Pensée de Saulclaës — saulclaes @ 7:36
Café et Balzac, Photo E.S.Claës

Café et Balzac, Photo E.S.Claës

Après lecture d’un billet de Thomas à New York, dans les liens ici > à droite, appelé “20cl d’amour”, l’idée de sortir petit-déjeuner au réveil a doucement remporté les suffrages.

Pour les habitués des levers difficiles, irrationnels, laborieux, inexplicablement contre-nature, la perspective d’achever d’immerger au petit café du coin devient une évidence. Surtout quand la méthode se révèle condition sine qua none pour l’assurance d’une journée à peu près remplie.

Même pas mal.

La découverte d’un petit comptoir avec le café à un euro juste en bas de l’immeuble, ouvert à 07h30 rue de la Sorbonne à Paris, fut une révélation. Passer quelques centaines de fois devant ne suffit pas toujours à faciliter les connections synaptiques et autres Eureka ! bon sang ! mais c’est bien sûr.

Le petit couple de tenanciers achève de vous convaincre avec force sourire et bonne humeur. Et puis, on vous reconnaîtra bien vite parce que vous êtes la seule âme du quartier à revenir avec votre gobelet carton de la veille. Alors tout devient ‘achement sympa et éveillant.

Café et écologie. Les maître-mots de la rentrée ?

Bon par contre, il ne faut pas avoir peur d’être vu avec la tête, LA tête, du matin.

30 septembre 2009

Dernier jour

Classé dans : Pensée de Saulclaës — saulclaes @ 10:46

Dernier jour du mois de septembre.

C’est amusant le concept du dernier jour. C’est un peu comme le verre à moitié plein ou à moitié vide. Le dernier jour peut sonner le glas, comme celui du condamné de Victor Hugo, ou sonner la charge, la libération, même la reconnaissance comme le dernier jour du poète Jean Reboul.

Dernier jour de septembre ?

Vous entendez une sonnerie ?

Un dernier jour, photo E.S.Claës.

Un dernier jour, photo E.S.Claës.

29 septembre 2009

« L’Américain a remplacé les opérations intellectuelles par les opérations positives ; ne lui imputez point à infériorité sa médiocrité dans les arts, car ce n’est pas de ce côté qu’il a porté son attention. Jeté par différentes causes sur un sol désert, l’agriculture et le commerce ont été l’objet de ses soins ; avant de penser, il faut vivre ; avant de planter des arbres il faut les abattre afin de labourer. […]

Il n’y a dans le continent ni littérature classique, ni littérature romantique, ni littérature indienne […]. Ainsi, ce n’est pas la littérature à part, la littérature proprement dite, que l’on trouve en Amérique : c’est la littérature appliquée, servant aux divers usages de la société ; c’est la littérature d’ouvriers, de négociants, de marins, de laboureurs. Les Américains ne réussissent guère que dans la mécanique et dans les sciences, parce que les sciences ont un côté matériel : Franklin et Fulton se sont emparés de la foudre et de la vapeur au profit des hommes. […] La poésie et l’imagination, partage d’un très petit nombre de désoeuvrés, sont regardées aux Etats-Unis comme des puérilités du premier et du dernier âge de la vie : les Américains n’ont point eu d’enfance, ils n’ont pas encore la vieillesse.

De ceci, il résulte que les hommes engagés dans les études sérieuses ont dû nécessairement appartenir aux affaires de leur pays afin d’en acquérir la connaissance […].

L’esprit mercantile commence à les envahir ; l’intérêt devient chez eux le vice national. Déjà, le jeu des banques des divers Etats s’entrave, et des banque-routes menacent la fortune commune. Tant que la liberté produit de l’or, une république industrielle fait des prodiges ; mais quand l’or est acquis ou épuisé, elle perd son amour de l’indépendance […] provenu de la soif du gain et de la passion de l’industrie. […]

Un égoïsme froid et dur règne dans les villes ; piastres et dollars, billets de banque et argent, hausse et baisse des fonds, c’est tout l’entretien ; on se croirait à la Bourse ou au comptoir d’une grande boutique. […]

En somme, les Etats-Unis donnent l’idée d’une colonie et non d’une patrie-mère ; ils n’ont point de passé, les mœurs s’y sont faites par les lois. »

François-René de Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe,

passage écrit vers 1822, revu et corrigé dans les années 1840,

Pp 460-472 dans l’édition datant de 1860, éditions Dufour, Mulat et Boulanger.

28 septembre 2009

Bouvard et Perruques

Classé dans : Pensée de Saulclaës — saulclaes @ 9:12
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En passant rue de Vaugirard, vous pouvez apercevoir, au numéro 77, un magasin charmant, jolies huisseries, bois et crème, proposant une gamme variée de perruques naturelles. Intriguant tout de même.

La gérante, adorable, patiente et attentive, vous explique, démontre, déballe les cartons, vous fait découvrir l’univers spécial et unique des perruques. Que d’adjectifs dans cette phrase !

Cette femme, qui connaît très bien son métier, pour avoir notamment été coiffeuse en agence de mannequin, notamment, démontre sans afféterie combien le monde des femmes est perruqué, en plus d’être coloré cela va de soi.

La prochaine étape dans le décillement naturel est une promenade sur le bouvard des Champs Elysées. On y apercevoit, semble-t-il, des jeunes femmes on ne peut plus coquettes se promener avec moult rajouts et cascades de cheveux. Ils tombent sur les épaules, démêlés et rajoutés une heure plus tôt. Il faut dire, ces cheveux nécessitent 4 minutes, montre et iTunes en main, pour être fixés.

Cheveux blancs et gris bienvenus si vous n’assumez pas de porter du blond flamboyant mais si vous avez bien envie de porter du volume et cet insolent air de vedette.

On sait bien que c’est du faux, que le cheveu ne fait pas la philosophe, mais on s’en fout. On peut bien avoir envie de se marrer aussi. Et puis, la balade au magasin La Maison de la Chevelure vaut le passage tant la commerçante est humaine, aussi vraie que le plaisir de porter ses perruques.

Bon par contre, ne faites pas attention au choix des coupes et des mannequins photo du site internet, c’est du sabotage. On se demande qui a pensé dans l’affaire.

Paris rive-gauche
01 45 49 49 19
77, rue de Vaugirard
75006 Paris
M° Saint-Placide

14 septembre 2009

Les feuilles

Classé dans : Pensée de Saulclaës — saulclaes @ 10:05
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Les arbres démissionnent. Non, ils se retroussent les branches. Ils se mettent au bouleau. Un charme puissant, entourés de résistance, de gré du vent. De chabada. Couci Cacia.

A l’aulne de la rentrée scolaire, l’été indien, l’automne approchent. Nous pourrons baguenaudier, donner des coups de platane dans les emmerdes. Que n’attendons nous pous prendre un canot aux Bois de Vincennes ? Pêcher par paresse au moins ? Sassafria bien pour nous consauler, délacer les chênes.

Et buis…

Il est question de tenir jusqu’au mois de févier. De s’ébaubir sur la récolte et les mains jointes des enfants, ces petits hêtres ramassant des marrons en signe de leurs victoires.

Cela ne dure qu’un mois. Et cela ne tient qu’à nous.

7 septembre 2009

Entendu aujourd’hui à Toulon

Classé dans : Anecdotes, Entendu aujourd'hui — saulclaes @ 12:24
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Assis dans la salle d’attente d’un ophtalmologiste de Toulon, voilà ce que nous avons pu entendre :

Secrétaire du cabinet d’ophtalmologie :

_ Cabinet du docteur xx bonjour ! Que puis-je faire pour vous ?

_ *** (vous n’entendez pas ce que dit l’interlocuteur)

_ Ah non ! Nous ne faisons pas cela…

_ *** (vous n’entendez toujours pas ce qui se dit dans le combiné)

_ Oui, en effet, nous nous occupons bien des yeux…

_ ***

_ Oui j’entends, l’ophtalmologiste est bien le spécialiste des yeux, mais je vous dis que nous ne faisons pas cela !

_*** (la secrétaire s’agace)

_ Oui, je vous dis, oui c’est le docteur des yeux, mais nous ne faisons pas d’épilation des sourcils !!

Et la secrétaire de raccrocher n’attendant manifestement pas que l’interlocuteur finisse sa phrase…

_ Rooo ! y’a des gens quand même !

27 août 2009

Nouveau nouveau musée de l’Acropole

Entrée du Nouveau nouveau musée de l'Acropole ouvert en 2009 à Athènes. Photo E.S.Claës.

Entrée du Nouveau nouveau musée de l'Acropole ouvert en 2009 à Athènes. Photo E.S.Claës.

En grande pompe, les Grecs et leur ministre de la Culture, Antonis Samaras, ont ouvert le Nouveau nouveau musée de l’Acropole cet été à Athènes.

Ultra moderne comme il se doit, poli et bien élevé sur trois niveaux, haut de 23 mètres, répandu sur 15.000 m2, le musée se visite néanmoins avec peine.

D’accord d’accord, il y a au moins 350 vestiges et sculptures de l’Acropole, d’accord il y a de magnifiques bas reliefs, des céramiques, des sculptures antiques et des pièces rares provenant des lieux de culte alentour, certes il y a les cinq émouvantes Cariatides du temple d’Erexthion, et il y a bien entendu une vue époustouflante… mais ça ne fonctionne pas.

Pire, cela gêne.

La visite du Nouveau nouveau musée de l’Acropole laisse une impression bizarre.

Vue du 2ème étage du nouveau nouveau musée. 2009, photo de E.S.Claës.

Vue du 2ème étage du nouveau nouveau musée. 2009, photo de E.S.Claës.

Pour peu que vous ayez visité la Grèce, ses villes, discuté avec ses habitants, on se demande bien l’intérêt réel de ce stupéfiant édifice mal rempli où vous n’avez pas le droit de prendre des photos même sans flash (quand vous pouvez le faire dans tout le pays).

On aime néanmoins la gestion étonnante de la lumière, le travail de l’architecte franco-suisse Bernard Tschumi. À la limite. Mais enfin, on est conscient de l’argent investi, des batailles juridiques, des négociations laborieuses, des choix cornéliens et des oui-mais politiciens…

On est surtout conscient de la santé fragile de la Grèce, ce qui rend la visite du musée franchement saumâtre…

Gorgonne du nouveau nouveau musée, 6ème siècle avant J.-C. Photo E.S.Claës (mais il faut pas le dire passque les photos sont interdites).

Gorgonne du nouveau nouveau musée, 6ème siècle avant J.-C. Photo E.S.Claës (mais il faut pas le dire passque les photos sont interdites).

La Grèce tire la langue.

Entre tendances mafieuses et églises orthodoxes traquant les shorts, entre dette publique et invasions d’immigrés*, entre millions de touristes dépersonnalisants et émeutes passées, le monde politique grec dispute des élections présidentielles anticipées pour mars 2010 et s’accroche à ses vestiges.

La Grèce construit le nouveau nouveau musée et laisse s’effondrer ses jolies maisons anciennes. La réalité est que la Grèce actuelle ressemble à la Chine. La Grèce de 2009 détruit ce qui est ancien, à part ses ruines qu’elle conserve comme une chienne protège ses petits.

À l’image du monde actuel, elle tabula-rase tout pour construire à neuf dans une frénésie commerciale et identitaire.

Béton grec 2009, photos E.S.Claës.

Béton grec 2009, photos E.S.Claës.

Les Grecs cassent, renient, attirent et rabattent le touriste qu’ils traitent avec un mépris déclaré, en dehors bien entendu des hôtels de luxe et des clubs de vacances, bien entendu bien entendu.

Poissons chinois dans l'eau grecque, Photo E.S.Claës.

Poissons chinois dans l'eau grecque, Photo E.S.Claës.

Partout se bétonnent les littoraux, se transforment les bords de route en décharge à ciel ouvert, partout les entrepreneurs grecs abattent pour reconstruire d’impersonnels immeubles à la chinoise, avec crépi et tout et tout…

La plage est là, à 10 mètres, Athènes 2009. Photo E.S.Claës.

La plage est là, à 10 mètres, Athènes 2009. Photo E.S.Claës.

MAIS ! ils ont un tout nouveau nouveau musée, trop grand, qui porte haut l’étendard et véhicule un ton revanchard.

Pointant du doigt les Anglais, ces voleurs qui ne rendent pas la frise de l’Acropole, les Grecs injectent des centaines de millions dans le musée tandis que le pays perd ce qui restait de son patrimoine post Antiquité.

Maisons de Grèce adorables et agonisantes, partout, 2009, photos E.S.Claës.

Maisons de Grèce adorables et agonisantes, partout, 2009, photos E.S.Claës.

Drôle de pays.

Drôle de période.

Les Grecs ne sont pas sortis de l’κατοικία.

Ruines du château de Mystra sous le ciel ombrageux de l'été 2009. Photo E.S.Claës

Ruines du château de Mystra sous le ciel ombrageux de l'été 2009. Photo E.S.Claës

* De 250 000 à 2 millions immigrés clandestins sur le territoire grec en 2009 pour 11 millions de Grecs ! Concernant l’explosion de l’immigration : “Si l’Europe pesait de tout son poids, ce serait différent. Mais l’Union ne s’occupe que de ce qui se passe à sa porte. Nos partenaires ne réalisent pas l’ampleur du problème qu’ils vont devoir affronter“, Konstantinos Bitsios, Secrétaire général du ministère de l’intérieur, été 2009 dans l’Express. Europe, ma soeur Europe (en train de scruter les frontières), ne vois-tu rien venir ?

19 août 2009

Peur d’avoir froid

Classé dans : Pensée de Saulclaës — saulclaes @ 11:59

De retour.

La France connaît un de ses jours les plus chauds.

Voilà de l’accueil !

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